Ça y est : l'écriture inclusive est proscrite à l'école !

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Posté par : SOS Éducation 7 mai 2021 Un commentaire

Chère amie, Cher ami,

Bravo !

Le ministre de l’Éducation nationale prend ENFIN position contre l’écriture dite inclusive à l’école.

La pétition de SOS Éducation, qui a rassemblé plus de 52 000 citoyens, a atteint son objectif premier : proscrire l’écriture dite inclusive à l’école !

Alertée par des enseignants et des parents et constatant que le problème commençait à prendre une ampleur inquiétante, SOS Éducation a décidé mi mars de lancer une pétition demandant à Jean-Michel Blanquer d’agir de manière FERME et URGENTE pour INTERDIRE l’écriture dite « inclusive » à l’école.

Ensemble nous avons refusé que les apprentissages de nos enfants soient massacrés par des idéologues qui instrumentalisent la langue française. Car rappelons-le, avant que SOS Éducation ne s’empare du problème à bras le corps, aucune position formelle n’avait été prise !

Les médias font souvent référence (à tort) à la circulaire d’Edouard Philippe de 2017, mais contrairement à ce qui est régulièrement dit ou écrit, elle n’interdit rien, ne proscrit rien. Elle invite les administrations à ne pas utiliser la graphie de l’écriture dite inclusive…

C’est ce constat de l’absence de texte formel à portée législative qui a poussé SOS Éducation à lancer cette action d’ampleur contre l’écriture dite inclusive à l’école.

En premier lieu nous avons pris soin d’expliquer les raisons pour lesquelles cette doctrine grammaticale, syntaxique et graphique représente un danger pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture pour tous les enfants.

Nous avons bien sûr rappelé “au passage” que cette écriture est à bannir d’une école qui se dit inclusive, puisque justement cette forme d’écriture est un obstacle insurmontable pour les enfants qui souffrent d’un handicap impactant l’accès au langage écrit ou oral (troubles cognitifs, dys et certains troubles envahissants du comportement, et troubles fonctionnels de la vision et de l’audition).

Nous avons adressé au ministre, à deux reprises, un courrier officiel présentant les raisons qui justifient d’interdire l’écriture dite inclusive.
Notre dernière lettre, adressée au format numérique, était accompagnée des 2 365 pages des signataires de la pétition.

C’est donc en porte-parole de 52 000 citoyens que SOS Éducation a demandé solennellement au ministre de l’Éducation nationale :

  • d’interdire dans les écoles des pratiques de notre langue contraires à l’avis de l’Académie française, laquelle est garante de son évolution et de son bon usage ;
  • d’interdire dans nos écoles tout manuel scolaire ou leçon qui utilise l’écriture inclusive ;
  • de condamner fermement les pratiques de professeurs qui l’utilisent, la promeuvent, ou la bonifient par des points supplémentaires dans les copies de leurs élèves.

La circulaire intitulée Règles de féminisation publiée au Bulletin officiel n°18 du 6 mai 2021, signée de la main du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, est une avancée considérable, puisque l’écriture dite inclusive est désormais proscrite à l’école.

Cliquez sur l’image pour accéder à la circulaire de Jean-Michel Blanquer.

Mais nous allons continuer notre combat.

Nous regrettons en effet que le ministre ne soit pas allé au bout de la démarche.

À ce stade, la circulaire ne précise rien sur :

  • les pratiques de l’écriture inclusive à l’université ;
  • son utilisation dans les manuels scolaires ;
  • les recours qu’auront ceux (enseignants et élèves/parents) qui subissent des pressions pour l’enseigner ou l’appliquer.

De plus, on peut légitimement regretter que le ministre fasse une fois encore le jeu du “en même-temps”. D’une main, il proscrit l’écriture inclusive, et de l’autre, il instaure la réduplication obligatoire (double mention du féminin et du masculin) : “Il est également demandé de recourir à des formulations telles que « le candidat ou la candidate » afin de ne pas marquer de préférence de genre, ou à des formules telles que « les inspecteurs et les inspectrices de l’éducation nationale » pour rappeler la place des femmes dans toutes les fonctions.”.

C’est vraiment dommage !

En doublant les formulations pour marquer les deux genres, on crée une distinction là où jusqu’alors il n’y en avait pas. A l’endroit où c’est l’universalité qui est de mise. Ces concessions sont bien vaines, d’autant plus qu’en agissant ainsi, le masculin arrive systématiquement devant le féminin… candidat-candidate / inspecteur-inspectrice.

Pourtant, lors du débat en séance publique qui s’est tenu au Sénat ce 6 mai, la secrétaire d’État en charge de l’éducation prioritaire, Nathalie Élimas, a annoncé la publication de cette circulaire au cours d’un discours engagé et avec une conviction qui laissait présager une prise de position moins mesurée de la part du ministre.

Découvrez l’intervention au Sénat de Nathalie Élimas

Secrétaire d’État chargée de l’éducation prioritaire et l’annonce de la circulaire du ministre, le 6 mai 2021.

Si vous ne parvenez pas à lancer la vidéo, cliquez ici puis sur "Autoriser tous les cookies".

Néanmoins, cette circulaire marque indéniablement une première étape décisive.

Notre action va se poursuivre.

Nous allons continuer notre démarche de pédagogie et d’explicitation pour que chacun comprenne que l’écriture dite « inclusive » est en réalité une exclusion par la langue. Mais aussi un mouvement qui va à l’encontre du courant progressiste en faveur d’une lisibilité démocratique de l’écrit engagé depuis le XVIe siècle (référence à la tribune du linguiste Bernard Cerquiglini dans Le Monde).

Exclusive et discriminante, l’écriture dite inclusive menace les enseignements scolaires, alors que la baisse du niveau général est un drame national.

Bien trop de jeunes ont d’immenses difficultés à maîtriser la grammaire et l’orthographe, pour qu’on laisse nos institutions se questionner indéfiniment sur le sexe des mots !

Les résultats des évaluations nationales des élèves de 6e passées en janvier 2020 et publiées en janvier 2021 en sont une bien triste démonstration. Évidemment ce sont les enfants des milieux les plus éloignés de l’école qui en pâtissent le plus.

(Source : DEPP, NOTE D’INFORMATION n° 21.03 – Janvier 2021)

Nous allons donc continuer notre combat
et viser 100 000 signataires.

La promulgation d’une Loi portant interdiction de l’usage de l’écriture inclusive permettrait de renforcer cette circulaire.

Nous sommes déjà en contact avec le député François Jolivet qui porte la proposition de Loi n°3922 visant l’interdiction de l’usage de l’écriture inclusive pour les personnes morales en charge d’une mission de service public.

Vous pouvez dès maintenant écrire à vos députés en leur demandant s’ils ont soutenu cette proposition de Loi, et si ce n’est pas le cas, demandez-leur de le faire.

Encore BRAVO à tous pour cette belle victoire collective.

Pour finir sur ce sujet, je ne peux m’empêcher de citer Albert Camus :

Ma patrie, c’est la langue française.

Priorité à l’éducation !

signature sophie auduge

Sophie Audugé,
Déléguée Générale de SOS Éducation

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