Réforme du bac : la réforme qui cache le désastre

Découvrir la note d’analyse complète sur la réforme du bac.
Pourquoi la réforme du bac est un échec

Réforme du bac : la réforme qui cache le désastre

Chère amie, Cher ami,

Nous appelions tous de nos vœux une réforme du bac.

Une réforme qui renouerait avec l’objectif de cet examen national de fin d’études secondaires. Un diplôme unique, de même valeur académique pour tous les jeunes bacheliers.

Car au fil des années, le bac est devenu un « passage obligé » qui ne représente plus rien quant aux savoirs académiques détenus de son titulaire – La vraie référence maintenant étant indubitablement le lycée d’origine du bachelier.

Cette réforme portait donc une ambition forte.

Mais de sa conception à sa mise en œuvre, le nouveau bac a enchaîné les difficultés.

Professeurs en colère, élèves déboussolés, parents inquiets…

Beaucoup d’entre vous souhaitent en savoir plus sur cette réforme.

Nous avons analysé la situation pour vous… Accédez à notre note d’analyse complète sur le sujet de la réforme du bac, en cliquant ici.

Réforme du bac : la réforme qui cache un désastre

Vous découvrirez dans cette note d’analyse :

Chez SOS Éducation, nous avons toujours été favorables à une réforme du bac, pour lui permettre de retrouver son statut de grand examen national, garant du niveau des élèves.

Mais si l’ambition affichée est noble, le décalage avec la réalité sur le terrain pose vraiment problème…

Pour découvrir la note d’analyse complète, descendez sur la page ou bien cliquez directement ici !

Priorité à l’Éducation !

Signature Sophie Audugé

Sophie Audugé,
Déléguée Générale de SOS Éducation

 

P.S. : Et vous, que pensez-vous de cette réforme du bac ? Faites-nous part de votre expérience en tant qu’enseignant, parent d’élèves, chef d’établissement…

Ajouter votre témoignage dans la section commentaires en bas de notre article !

 

 


 

Réforme du bac :
la réforme qui cache le désastre
(et comment s’en sortir)

 

Annoncé il y a tout juste deux ans, le bac Blanquer se met en place à marche forcée et soulève une très forte contestation. Quels sont les problèmes de fond ? Quelles sont les difficultés pratiques ? Comment s’en sortir ? SOS Éducation fait le point.

 

Introduction

Nous appelions tous de nos vœux une réforme du bac.

Une réforme qui renouerait avec l’objectif de cet examen national de fin d’études secondaires.

Le bac, un diplôme unique, de même valeur académique pour tous les jeunes bacheliers.

Le bac, un passeport de connaissances pour que les élèves puissent engager la suite de leurs parcours dans l’enseignement supérieur autant que dans la voie professionnelle.

Car depuis 1985, le baccalauréat ne jouait plus ce rôle. Avec une injonction politique à faire réussir plus de 80% d’une classe d’âge au bac quel que soit le niveau des élèves (Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Éducation nationale, en 1985 : https://www.lemonde.fr/orientation-scolaire/article/2012/07/13/plus-de-80-d-une-generation-au-niveau-du-bac_1733491_1473696.html), sa valeur de référence nationale s’est progressivement effondrée.

Au fil des années, le bac est devenu un « passage obligé » qui ne représente plus rien quant aux savoirs académiques détenus de son titulaire ‒ La vraie référence maintenant étant indubitablement le lycée d’origine du bachelier.

En conséquence, les bacheliers vont s’engouffrer en masse sans le niveau requis et sans projet réel dans un dispositif coûteux d’enseignement supérieur dans lequel 60% des entrants en 1re année échouent. C’est normal, ils n’ont pas le niveau !

Alors OUI, cette réforme nous l’attendions avec impatience.

Mais les premières annonces ont déjà suscité une certaine inquiétude.

En premier lieu par le retrait des mathématiques du tronc commun des connaissances en classes de 1re et terminales, et par le passage de 40 % de la note finale en contrôle continu.

Difficile, dès lors, de comprendre comment cette réforme allait enrayer les écueils du système précédent…

L’offre de spécialités élargie, sur le papier, donnait le sentiment que nos élèves allaient s’ouvrir à des domaines en lien avec leurs perspectives d’études supérieures ou de métier. Mais pour que cela ait vraiment du sens il aurait été nécessaire d’enclencher un véritable projet autour des appétences des élèves et de l’orientation, bien en amont.

En réalité cette réforme s’avère, pour l’instant tout du moins, être l’arbre qui cache la forêt d’un désastre national : la baisse du niveau des élèves.

Le résultat catastrophique d’un collège unique qui a capitulé.

Une dérive qui marque le manque d’ambition actuel de notre école, qui a pourtant longtemps été un formidable levier pour remédier aux inégalités sociales par l’éducation.

Aussi la situation actuelle de contestation et d’incompréhension engendrée par les E3C chez l’ensemble des acteurs du monde de l’éducation (parents, élèves, enseignants, chefs d’établissement) doit s’analyser de manière plus globale.

SOS Éducation a déjà produit un guide détaillé reprenant les éléments à connaître de cette réforme du bac (Ce qu’il faut savoir sur la réforme du bac, Juillet 2019 : https://soseducation.org/ce-quil-faut-savoir-sur-la-reforme-du-bac – Voir aussi la fiche explicative En route vers le baccalauréat 2021 du ministère de l’Éducation nationale : http://cache.media.education.gouv.fr/file/Bac_2021/53/1/Bac2021_document_2de_fev2019_1079531.pdf), et émis des réserves sur les effets induits de cette réforme.

Pour rappel, la note générale du nouveau bac est constituée pour :

  1. 60 % par des épreuves finales
    • 1 épreuve anticipée en première,
    • 4 épreuves en terminale : 2 spécialités, la philosophie et le grand oral
  2. 40 % en contrôle continu
    • 10 % correspondants à la moyenne des bulletins de première et terminale,
    • 30 % s’obtiennent par les notes obtenues aux trois Épreuves Communes de Contrôle Continu (E3C). Deux E3C se passent en première et une E3C se passe en terminale.

1. Le nouveau bac Blanquer :
une mise en œuvre fortement critiquée

Entre précipitation, défauts d’information, retards administratifs, les couacs se succèdent, les contestations montent : il faut se rendre à l’évidence, la mise en place de la réforme du bac a du mal à passer.

Le 20 janvier dernier, les premières Épreuves Communes du Contrôle Continu, dites les « E3C », ont débuté suscitant un peu partout, mobilisations et blocages. Cette réforme de « feu » notre examen national se déroule sur fond de contestation d’une autre réforme en cours, et non des moindres,
celle des retraites (Note d’analyse de SOS Éducation sur ce sujet : https://soseducation.org/nos-actions/publications/la-mobilisation-des-enseignants-contre-la-reforme-des-retraites).

Cette réforme du bac déçoit et inquiète à peu près tous ceux qu’elle concerne, et en premier lieu enseignants et élèves. Les parents essayent d’y comprendre quelque chose, et les plus aisés d’entre eux se réfugient auprès de coachs en orientation et offrent à leurs enfants les services de cours privés pour réaliser malgré tout le « programme officiel ».

Selon les proviseurs et chefs d’établissement, les perturbations concernent 43 % des lycées (https://www.ouest-france.fr/bac/entretien-le-nouveau-bac-creuse-les-inegalites-entre-lycees-6728333) : blocages des établissements par des élèves, protestations d’enseignants qui contestent la réforme et la façon dont elle est mise en place, sujets dévoilés avant l’épreuve, pression des parents sur les notes…

Sur les réseaux sociaux, les professeurs grincent des dents. Même les professeurs de lycées parisiens bien classés, dont les élèves ne devraient pas être impactés par la réforme grâce à leur excellent niveau, se sont mis en grève (Louis le Grand, Montaigne, Condorcet…).

Mais le ministère de l’Éducation nationale n’est pas de cet avis.

« Dans la grande majorité des établissements, les choses se présentent très bien »,
tempère-t-il.

Selon le ministre Jean Michel Blanquer, dans « moins d’une dizaine de cas », des épreuves ont dû être reportées.

Le mercredi 5 février, lors des questions en séance publique au Sénat, il a fait valoir que 85 % des établissements où les élèves de 1re ont composé n’ont pas connu de perturbations.

« Rien de majeur, en tout cas », précise-t-on dans l’entourage du ministre.

Mais l’IGÉSR (Inspection Générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche), organisme dépendant du ministère de l’Éducation nationale, n’est pas de l’avis du ministre. Elle vient de publier une note accablante sur la réforme du lycée et l’organisation des E3C.

Elle dénonce « Des élèves constamment sous la pression de l’évaluation », « Des EC3 d’une complexité excessive pour les parents », « Un surcoût énorme pour un rendement faible pour les proviseurs ».

Elle pointe également le problème des évaluations prenant le dessus sur les apprentissages, déjà soulevé par les enseignants :

« Il semble que se soit instituée une confusion entre la logique de la certification (par l’examen) et la logique de la formation qui devrait être au cœur de la réforme : le poids des E3C déséquilibre l’ensemble au détriment de la formation ».

Elle déplore aussi « un appauvrissement de l’offre d’enseignement », car de nombreuses options seront sacrifiées par les lycées (manque de financement, pas assez d’élèves intéressés…).

2. Les écueils de la réforme

2.1. Les problèmes de fond

Cette réforme pose de nombreux problèmes de fond. Notamment :

  1. Les spécialités trop pointues pour être accessibles à tous les élèves et les programmes qualifiés par les enseignants de « purement irréalistes ».
  2. Le retrait des mathématiques du tronc commun, alors que la matière est importante pour la formation au raisonnement et dans la suite de nombreuses études supérieures.
  3. La multiplication des spécialités créant un tsunami organisationnel pour les chefs d’établissements.
  4. Le processus d’orientation renforcé et professionnalisé, sans avoir les équipes pour orienter les élèves.
  5. Les programmes établis tardivement ne permettant pas aux enseignants de préparer leurs cours dans des délais sérieux.

Il s’ensuit des inégalités accrues et explicites entre établissements.

Mais ce sont surtout les épreuves communes de contrôle continu (E3C) qui ont mis le feu
aux poudres.

 

2.2. Organisation des E3C : de la théorie au chaos

2.2.1. En quoi consistent les Épreuves Communes de Contrôle Continu (E3C) ?

Le contrôle continu repose en partie sur des épreuves communes organisées au cours des années de première et de terminale. Ces épreuves communes ont lieu aux 2e et 3e trimestres de l’année de première, puis au 3e trimestre de l’année de terminale.

Les E3C sont des épreuves ponctuelles, qui portent sur les enseignements du nouveau tronc commun qui ne seront pas évalués lors des épreuves finales :

Chaque chef d’établissement doit organiser les épreuves de son lycée et définir si les classes concernées « plancheront » (ou pas) sur un même sujet et si elles le feront au même moment.

Le ministère préconise que « la composition sur le même sujet à la même date [soit] privilégiée par l’établissement ».

Les élèves actuellement en classe de première ont passé la première série d’épreuves communes entre le 20 janvier et la première quinzaine du mois de février. Les résultats seront connus le 15 mars 2020.

La deuxième série d’épreuves communes doit être passée entre le 4 avril et la mi-juin.

La spécialité suivie uniquement en classe de Première compte également pour les épreuves communes. Chacun de ces enseignements est coefficient 5 pour le Bac.

2.2.2. Point sensible : la numérisation des sujets et des corrections

a. La Banque des sujets

Pour garantir « l’égalité » entre les candidats et les établissements scolaires, une « banque nationale numérique de sujets » est mise en place.

Elle comporte 1700 sujets disponibles, toutes matières confondues.

Ces sujets ont été réalisés par des professeurs de la matière concernée, sous le contrôle d’une commission nationale.

Puis, au sein de chaque établissement, un groupe de professeurs responsables d’une même matière choisissent dans cette banque de sujets, plusieurs sujets qui leur semblent intéressants, ils doivent les soumettre à leur proviseur qui tranche et choisit le sujet qui sera celui de la
série des E3C concernée.

 

b. Une correction dématérialisée

Les copies des épreuves communes de contrôle continu sont corrigées par voie dématérialisée.

Un outil (Santorin) a été développé spécialement pour permettre cette correction et testé l’année dernière localement. Il contient toutes les fonctionnalités nécessaires aux correcteurs (https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Bac2021/73/0/2020-E3C-Organisation-E3C-Consignes-correcteurs_DIFF_1227730.pdf). Les copies anonymes sont corrigées par d’autres professeurs que ceux de l’élève au sein de l’établissement.

Un logiciel gère l’anonymisation des copies par un système de code-barres, et les centres d’examen n’ont plus à préparer des lots de copies pour les correcteurs ni à gérer les retraits et remises de lots de copies puisque tout cela se fait désormais au sein de l’établissement. Le barème d’évaluation est aussi directement intégré dans le logiciel ce qui est censé faciliter la double correction.

Une harmonisation des notes est ainsi assurée. Un coordinateur supervise les moyennes de notation (https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/bac-2019-premier-test-pour-la-numerisation-des-copies-1029662).

Ce sont les chefs d’établissement qui décident des correcteurs à mobiliser dans leur établissement. Ils sont censés mobiliser obligatoirement des enseignants de Première, mais il n’est pas exclu qu’ils fassent appel à des enseignants d’autres niveaux.

Ce sont également les chefs d’établissement qui sont en charge de répartir les lots établis par le logiciel aux enseignants-correcteurs de leur établissement. Quitte à donner le double de travail à un correcteur (volontaire… de préférence). Le proviseur pourra saisir le recteur si les effectifs
du lycée ne permettent pas de respecter le principe d’anonymat des candidats. Un correcteur supplémentaire externe sera alors nommé (https://ecoleetsociete.se-unsa.org/E3C-au-comite-de-suivi-des-infos-qui-ne-rassurent-pas).

La numérisation des copies a de nombreux avantages :

  • on évite les flux matériels des copies dans tous les sens, avec les risques de perte et les latences ;
  • on peut faire corriger la copie à l’autre bout de la France (mais dans le cas présent, la correction reste au sein de l’établissement) ;
  • l’original reste intact, ce qui permet une éventuelle deuxième correction non influencée par la première correction ;
  • le temps de correction peut être pris en compte pour une juste rémunération (mais ce n’est pas le cas ici, cf. 2.3. Une rémunération forfaitaire).

Mais cette numérisation a aussi son côté sombre :

  • on peut regretter à nouveau l’empressement qui n’a pas permis de former correctement les professeurs à cette nouvelle pratique ;
  • corriger sur écran peut vite être fatigant ;
  • et les professeurs corrigent sur leur matériel informatique personnel : non seulement c’est injuste, car ils devraient pouvoir disposer de moyens matériels fournis par leur employeur…
  • … mais cela peut en plus impliquer des risques supplémentaires de piratage.

 

2.2.3. Sur le terrain, un champ de bataille

En pratique, c’est loin d’être simple. Ce témoignage d’un proviseur (https://www.liberation.fr/france/2020/01/19/c-est-encore-plus-complique-qu-avant_1774000) en dit long :

« La situation est très compliquée même si mon établissement fonctionne bien. Mais concrètement c’est encore plus compliqué qu’avant. Je me retrouve à gérer ce qui était avant du ressort des services du rectorat : le choix des sujets, l’impression, les convocations pour les épreuves communes de contrôle continu, des sortes de partiels.

On nous demande de mettre les élèves en mode examen tout en continuant à faire fonctionner l’établissement normalement. C’est impossible.

Un exemple tout bête : les sonneries. Elles rythment les cours toutes les cinquante minutes.

Comment vous faites quand vous avez une partie des élèves qui planchent pendant deux heures sur une épreuve du bac ? »

Les proviseurs doivent aussi superviser la numérisation des copies, la mobilisation des correcteurs, la répartition des copies entre les correcteurs disponibles, avec la possibilité de changer au dernier moment, en cas de grève du correcteur…

Selon des témoignages, les chefs d’établissement seraient tenus responsables des corrections non faites ou mal faites. Ce serait donc à eux d’aller mettre la pression sur les correcteurs…

Certains sujets semblent avoir été imposés par les proviseurs, voire les recteurs (https://www.ouest-france.fr/bac/entretien-le-nouveau-bac-creuse-les-inegalites-entre-lycees-6728333), sans concertation avec les équipes enseignantes.

Des lycéens se seraient retrouvés à « plancher » sur des éléments du programme qu’ils n’avaient pas encore vus en cours.

Inversement, un proviseur aurait prévenu ses lycéens pour leur donner le chapitre à réviser…

En publiant une tribune (https://www.liberation.fr/debats/2020/01/14/le-bac-blanquer-ne-passera-pas_1773006) le 14 janvier, un collectif d’une centaine de professeurs s’insurge :

« Avec les E3C, pour beaucoup de professeurs, on change le contrat social entre l’école, ses enseignants et la jeunesse. À présent, au bout de quelques mois, pour les adolescents, l’école ferme les possibilités de mobilité sociale. Pour les enseignants, elle impose de préparer les épreuves, de corriger en même temps les E3C sur un temps très court tout en poursuivant leurs tâches habituelles d’enseignement, et d’organiser des sessions de rattrapage. (…)

Et concrètement, dans la précipitation générale, chaque lycée bricolera un Bac à échelle locale en fonction de ses moyens. À chaque lycée son bac ? … »

Pour Willy Pelletier, sociologue, enseignant à l’université de Picardie, les classes de Première et Terminale permettaient « d’apprendre pendant deux années », mais maintenant c’est terminé :

« Sitôt rentré en Première, on va être noté, mais sur quoi ? On n’a rien appris. »

Ces épreuves de contrôle continu arrivent trop tôt dans l’année et surtout vont créer des inégalités entre les élèves issus de milieux aisés où l’anglais par exemple est « parlé couramment à table » et ceux de milieux plus modestes où ce n’est pas le cas.

Pour un professeur agrégé en Sciences de l’Ingénieur au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, qui s’est confié à SOS Éducation, « c’est clairement une mauvaise réforme ». Concrètement et surtout depuis le début des épreuves communes de contrôle continu, elle engendre beaucoup
de pertes d’heures de travail pour les professeurs et des suppressions de postes à venir en fonction du choix de spécialités que feront les élèves. En conséquence un climat parfois délétère avec certains professeurs qui essayent de « survendre » leur spécialité pour maintenir leur volume horaire l’année suivante.

 

2.3. Une rémunération forfaitaire au lance-pierre

Avec ce nouveau bac, les professeurs ont pour mission de corriger des lots de copies pour un forfait de 50 euros par lot.

Un professeur peut donc se retrouver avec 40 copies à corriger ce qui représente à peine plus de 1 euro par copie. Une perte considérable de la rémunération, car auparavant, chaque copie corrigée était rémunérée 5 euros.

On les pousse à corriger le plus vite possible, alors que la correction aurait pu avoir une réelle valeur formative. Le logiciel de correction prévoit pourtant la possibilité de mettre des commentaires, de surligner, etc..

On aurait pu imaginer une rémunération juste, laissant le temps au professeur d’annoter correctement : le temps passé et les annotations auraient même pu être contrôlés puisque tout est numérique…

Beaucoup de professeurs témoignent être dégoûtés. Ils ne pourront faire que le minimum.

Dans une lettre ouverte au ministre, des enseignants écrivent :

« Vous attendez de nous des miracles, mais vous nous traitez comme des bénévoles … »

Quel intérêt pour l’élève de ne recevoir qu’une note sèche ? Déjà qu’il n’a eu qu’un temps très
court pour apprendre, et on le prive en plus d’un retour approfondi !

3. Comment sortir de cette crise latente ?

L’objectif non affiché de cette réforme est celui d’un nouveau bac qui retrouverait « son sens », c’est à dire qui soit une véritable passerelle vers l’enseignement supérieur.

Auparavant il suffisait de « faire au mieux » avec sa classe de seconde, sans se soucier du niveau réel des élèves puisque le bac était « acquis » pour plus de 80 % d’entre eux.

Le niveau réel se révélait dans le supérieur, où 60 % des bacheliers échouaient en première année…

Avec cette réforme, le problème est simplement déplacé : l’écrémage va se faire au lycée.

Car le vrai problème, c’est la baisse généralisée du niveau des élèves issus du collège unique.

Là encore il y a un monde entre le niveau théorique des élèves de seconde tel qu’il est attendu dans le respect du Bulletin officiel, et celui réellement détenu.

Mais faire porter aux enseignants de première et de terminale, et aux élèves, les conséquences des mauvaises décisions politiques qui ont conduit à la baisse généralisée du niveau des élèves est pour le moins discutable.

Faire croire qu’il n’y a pas de différences de niveau entre les établissements et que la réforme du bac en cours va permettre de retrouver les vertus d’un examen national « égalitaire » est malhonnête intellectuellement.

La réforme du bac ne peut pas être entreprise sans une réforme préalable du collège et la remise à niveau de tous les élèves.

Même s’il minimise officiellement la contestation, le ministère veut vite réagir sur la partie émergée de l’iceberg : les E3C.

Le comité de suivi de la réforme du bac fera le 11 mars des propositions d’aménagement des E3C, le ministre devant faire des annonces dans la foulée. On parle de « simplification » du cadre, mais aussi de « report de la 2e session à juin », au même moment que les épreuves terminales du
bac, ou encore de « prise en compte des notes obtenues lors du contrôle continu ».

Difficile cependant d’imaginer une solution qui satisferait tout le monde.

Et surtout, quel ramdam pour finalement un tel retour en arrière !

 

Conclusion

Depuis la mise en œuvre de la réforme Blanquer, nous avons reçu énormément de témoignages.

Ils mettent tous en avant le principal défaut de cette réforme : un problème de temporalité.

La situation actuelle soulève 2 points importants :

  1. La réforme est actée, mais que traduit sa mise en œuvre ? Un sentiment de précipitation dans son application, d’amateurisme dans sa communication et d’inégalités dans les faits.
  2. Sur fond de contestation générale liée au statut même d’enseignant, la réforme pointe du doigt toutes les lacunes de l’Éducation nationale vis-à-vis de ses professeurs : avec ce nouveau bac, les professeurs sont encore plus seuls, sans écoute et surtout sans formation préalable pour pouvoir prendre en charge efficacement cette réforme. L’organisation qui découle de ce nouvel examen est extrêmement lourde à la fois pour les professeurs et pour les établissements.

Cette réforme doit être repensée dans un système global d’éducation. Un système où la formation des professeurs tient une place beaucoup plus importante qu’à l’heure actuelle et où les élèves sont beaucoup mieux accompagnés dans l’orientation.

Une réforme du baccalauréat devait bien avoir lieu.

Mais elle ne pouvait pas se faire avant d’avoir repensé le collège.

Le ministre a déclaré dernièrement que les E3C allaient être repensés pour la deuxième session. Devant la presse, jeudi 6 février, Jean-Michel Blanquer s’est dit prêt à « faire évoluer » les E3C pour leur deuxième session « dans le sens de la simplicité ».

Mais que va faire le ministre pour concrètement enrayer la baisse dramatique du niveau des élèves qui entrent au lycée ?

Quand va-t-il prendre la mesure de la fracture sociale qui gangrène l’école et qui se cristallise dans un collège unique qui chaque année accentue le décrochage scolaire ?

Quand va-t-il engager une réforme courageuse, celle du collège, afin de mettre sur la voie de la réussite chaque élève ?

Quand va-t-il porter une réforme juste de l’école, une réforme ambitieuse pour les élèves, afin que chaque jeune en fin de scolarité maîtrise un socle commun de connaissances et d’aptitudes indispensables pour s’épanouir et se réaliser dans la société ?

Si vous aussi, en tant qu’enseignant, parent d’élèves ou chef d’établissement, vous avez des expériences à partager concernant cette mise en œuvre du nouveau bac, envoyez-nous vos témoignages !

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18 Réponses

    1. Curieux

      Mais ils savent en 2de que ce sont eux qui CHOISIRONT leurs “spés”. Selon les établissement, les profs n’ont qu’un avis plus ou moins consultatif. Donc avoir les compétences, c’est eux qui le disent… et beaucoup disent “qu’ils s’y mettront”.
      Quant à la motivation, malheureusement il n’y a qu’un niveau de spé maths en 1re et abandonner les Maths dès la 1re est risqué pour ceux qui ne sont pas certains de leur orientation. Donc on a certains élèves peu motivés en Maths,

      Les formations scientifiques se vident plutôt ? En tout cas, il y a moins d’élèves font des Maths en série générale.

      Ceci dit comme on manque de profs de Maths surtout…

      Je vois un point positif : les épreuves de bac des spés de Term fin mars permettront à l’enseignement supérieur d’avoir un ékément de comparaison plus “national” du niveau des candidats sur les 2 matières choisies.

  1. Cornuet

    CONTRAIREment AU PRINCIPE fondamental D’EGALITE de notre République, le nouveau bac est profondément inégalitaire puisque l’on peut en identifierau moins trois: celui élitiste des zones prioritires, celui des écoles chrétiennes sous (et hors contrat) et celui des écoles publiques non prioritaires.
    D.C.

    1. Mina

      C’est une blague cette réponse !!??? Rien qu’avec les options et les langues (et les DM donné par un ou 2 prof démago pour rattraper les mauvaises notes en évaluations car les élèves ne travaillent pas et/ou n’ont pas le niveau), ils ont une moyenne générale d’au moins 11 avec des 7 et 6 de moyenne en maths et physique!! Et le conseil de classe où les élèves et les parents d’élèves disent que si les notes sont mauvaises, c’est à cause des profs!!

  2. ribault

    Bonjour,

    En tant qu’enseignant en Terminale observateur de la mise en place de la réforme dans un Lycée des Yvelines, je trouve que votre analyse relaye beaucoup trop de commentaires à charge provenant de milieux a priori hostile à la réforme et qui, jusqu’ici ne se souciaient même pas des problèmes auxquels elle entend répondre (baisse catastrophique du niveau en maths et en français; abaissement des exigences du bac pour cacher le problème; donc, gros soucis pour le post-bac). Seules les études internationales soulignaient ces problèmes qui restaient invisibles aux yeux des ministres, des syndicats et, disons-le, de la majorité des professeurs. Exemple. La plupart des arguments que vous relayez reviennent à contester le principe du contrôle continu, appliqué dans de nombreux pays. Soutenir qu’on ne peut et apprendre et être évalué est un grossier sophisme. Pourquoi en faire seulement cas? Le Stress des élèves? Je ne le vois pas. Une prise de conscience salutaire du fait que oui leur études post-bac se joue dès la Première? ça oui, je peux l’observer. Plus d’anticipations et de motivations; donc, probablement, moins de réveils douloureux après le bac. Comment peut-on dénoncer cela? Enseignant en fin de carrière (j’ai débuté en 1985), j’avoue être vraiment désabusé et déçu d’un milieu éducatif qui, au moment où une réforme s’apprête enfin à remédier au problème de la chute de niveau qui remonte à l’affaiblissement de l’enseignement primaire à partir des années 1990, au contraire, la dénigre. Il y a sans doute des points à améliorer dans cette réforme mais dans un esprit constructif qui n’est vraiment pas dominant aujourd’hui. Votre analyse le confirme à mes yeux.

  3. Xavier DUFOUR

    Dégradation du niveau de mathématiques : la réforme persiste et signe

    Enseignant les mathématiques en lycée depuis 30 ans, j’ai assisté à l’érosion continue des volumes horaires depuis la 6ème jusqu’à la 1ère et à la fragilisation du niveau des élèves qui s’en est suivie. Ainsi, entre 1995 (suppression des filières C et D) et 2019, sous l’effet des réformes successives, un élève parvenu en terminale scientifique avait perdu depuis la 6ème l’équivalent d’un an et demi de cours de mathématiques par rapport à ses aînés. Depuis 2011, la classe de 1ère S ne compte plus que 4h/ semaine, même si de nombreux établissements privés s’arrangent pour porter ce volume à 5h voire plus, permettant ainsi d’anticiper sur un programme de terminale trop dense pour une génération mal formée.
    A cette érosion des volumes horaires s’ajoute :
    – la baisse parallèle du niveau de maitrise du français (liée elle aussi à la diminution des horaires), dont on sait qu’elle pénalise l’ensemble des autres disciplines.
    – la dérive procédurière de l’enseignement des mathématiques, de plus en plus réduit à des savoir-faire, en dehors de toute véritable compréhension.
    Dans ces conditions, l’acquisition, à partir de la 1ère et surtout en terminale S, de notions plus abstraites et de modes de raisonnement plus conceptuels, irréductibles à des calculs, devenait de plus en plus difficile.
    Une réforme s’imposait donc et nous attendions beaucoup du tandem Blanquer-Vilany pour l’élaborer, en dialogue avec les inspecteurs et les enseignants. Avant toute chose, il fallait réaugmenter progressivement le volume horaire de mathématiques de la 6ème à la 1ère, afin de donner des bases plus solides aux élèves. A partir de là, il devenait possible d’accompagner à la fois les élèves moins doués, quitte à ce qu’ils choisissent des filières avec moins de mathématiques, et les profils plus enclins à l’abstraction scientifique, afin de les préparer à une exigence supérieure.
    Or c’est dans le cadre de la réforme du lycée, et plus précisément du cycle terminal, qu’a été pensée le renforcement du niveau de mathématiques. Prendre le problème par la fin est déjà fâcheux mais le choix opéré quant à la place des mathématiques en 1ère est déplorable : pas de mathématiques en tronc commun et une option mathématique de 4 heures. A titre de comparaison, un élève intéressé par l’anglais pourra l’étudier 6h30 par semaine, tandis qu’un élève à profil scientifique se contentera de 4h de math en compagnie d’élèves moins doués.
    Or, ce choix se retourne contre l’intention même de la réforme qui était de proposer des parcours plus variés, afin de correspondre davantage aux intérêts des élèves. Car s’agissant des mathématiques, elles sont présentes dans de si nombreuses orientations post-bac qu’elles apparaissent à beaucoup de parents comme indispensables, mêmes en dehors d’un projet d’études scientifiques. Par conséquent la proportion d’élèves choisissant les mathématiques est forte (de l’ordre de 70%). On n’est donc plus dans une logique de choix positif, mais dans un compromis stratégique. Or on a vu que 4h/semaine en 1ère ne suffisaient déjà pas à former sérieusement les élèves qui avaient choisi la filière S. Dans le cadre de la réforme, ces 4h/semaine sont données à des groupes encore plus hétérogènes, à un niveau intermédiaire en S et ES (de l’aveu des inspecteurs), contribuant à un nouveau nivellement par le bas. Dès lors, l’offre pertinemment différenciée de la terminale (la réforme propose des parcours allant de 0 heure de math, à 3h, 6h voire 9h), s’avère bien trop tardive et irréaliste. On ne passe pas de 4h à un niveau médiocre à 9h à un bon niveau.
    Un nouveau tassement du niveau de mathématiques (et donc de physique) est donc inéluctable. Le seul remède, dans le cadre de la réforme, serait d’introduire un enseignement de mathématiques dans le tronc commun à raison de 3h, auxquelles s’ajouteraient pour des élèves moins nombreux et de meilleur potentiel les 4h d’une véritable « option ». Et en amont, bien sûr, de retrouver une hiérarchie claire des disciplines en redéployant l’enseignement du français et celui des mathématiques depuis la 6ème.
    Xavier DUFOUR, professeur agrégé de mathématiques

  4. BOHLER GERARD

    Je déplore que les mathématiques soient sortis du tronc commun et qu’elles ne fassent pas l’objet d’une épreuve finale qui obligerait à faire des révisions: en période d’apprentissage il peut y avoir des erreurs non forcément reproduites à un examen final nécessitant de reprendre et de clarifier certaines notions au moment de les réviser. De plus un examen final oblige à utiliser tout ce qui a été enseigné dans un autre contexte que celui où ces notions ont été présentées, en obligeant de réaliser une synthèse et donc en améliorant leur assimilation. Ancien professeur à la retraite, j’avais toujours observé au bac de meilleurs notes que pendant l’année, justement après avoir fait des révisions au cours desquelles tout était repris et mieux assimilé. Et le livret scolaire était toujours là en cas d’accident (qui ne s’est en fait que très rarement produit), sans le stress du contrôle continu et avec la nécessité d’apprendre en cours d’année de ses erreurs!

  5. Champs

    Les professeurs sont toujours contre tout sauf les vacances !… et ne proposent rien
    En attendant dans nos industries nous sommes obligés de donner des cours d’orthographe car nous avons honte de publier les courriers à nos clients….
    Nostalgique de mon instituteur que je respectais…
    Avec son certificat d’études à 14 ans mon Père faisait moins de fautes que moi après un bac de complaisance et savait lire et compter
    Au boulot…

  6. Salvatore

    Réforme nulle! On ferait mieux de former les élèves comme autrefois; à 12 ans les centenaires actuels passaient le certificat d’études; ils ne faisaient plus de fautes. Et ils avaient aussi beaucoup plus de jugeote que les bacheliers actuels. Ils étaient attentifs et dans un travail , on pouvait leur faire confiance. Les études sont trop théoriques et ne servent pour la plupart du temps à rie,n qu’à former des chômeurs; ils n’ont même plus aucune culture générale; même des profs certifiés ne savent rien sur les grands auteurs. C’est honteux.
    Il faut une réforme, certes, mais une réforme qui fasse un peu revenir les choses en arrière; la France était bien classée; maintenant elle est dans les derniers en Europe. Posons-nous les vraies questions; et ce n’est pas le budget de l’É.N. en hausse qui améliore les choses! Oui, au boulot!

  7. Armelle

    Les professeurs sont toujours…sauf les vacances!! vieux lieu commun. Je viens de l’industrie, tout le monde n’attend aussi que les vacances !!! A votre époque l’instituteur était respecté, à l’heure actuelle, les enseignants sont loin d’être respectés.
    Beaucoup de professeurs travaillent le soir, le week-end et pendant leurs vacances. J’ai déjà enseigné entre 2 prises de postes dans l’industrie !!!
    Les problèmes d’orthographe, de calcul, d’ignorance et de raisonnement proviennent du perpétuel rabaissement du niveau, et la réforme du bac ne le relève pas!

    1. ARSON

      Pour être respectés, les enseignants devraient être moins “politisés” et surtout ne pas adhérer ou soutenir “La france insoumise” qui pousse à la révolte des jeunes !

  8. DavidDom972

    Bonjour
    En tant que parent, je m’aperçois que cette réforme couplée à celle des retraites, n’est pas de nature à permettre aux enseignants de travailler sereinement. Nous sommes aujourd’hui face à une situation inédite, et la peur est le sentiment qui domine au niveau des profs, des élèves et des parents. Réduire le nombre d’heures, et supprimer les maths, quelle bêtise, surtout venant de spécialistes de l’EN. En quoi la philo est-elle plus importante que les maths et la physique pour un profil scientifique ?

  9. ARSON

    Aucune réforme ne peut bien se passer quand on connait l’inorganisation qui règne dans les Inspections Académiques, plus soucieuses à exiger des rapports et à collecter des données inutiles auprès des enseignants, qu’à bien former et informer à temps le corps enseignant sur les nouvelles dispositions !

  10. ANTIDOTE

    Tout le monde est d’accord pour stigmatiser les pontes de l’E.N qui ne sont plus en mesure de réformer quoi que se soit qui se prennent pour des érudits en qualifiant les élèves d’apprenants et bien d’autres élocutions incompréhensibles du commun des parents d’élèves .Nous aurions besoins d’un dépoussiérage par une nouvelle génération d’inspecteurs académiques …

  11. NicoC

    En tant que père d’élève, j’ai été outré que mon fils soit obligé de passer son épreuve de bac le vendredi de la deuxième semaine à 15h00 ! Tout le monde sait que ce créneau est indapté, une honte !

  12. Bonjour,
    Expliquer au futur jeune adulte la Raison et le ou la rendre responsable .
    – Pourquoi l’épreuve du Bac pour confirmer ? Pour la garantie de donner au jeune élève ( limite d’âge, liée au recherche longue à entreprendre et à jouir de son aboutissement, pour d’autres fonctions comme l’enseignement la lourde tâche en résistance physique et aussi en connaissance générale etc.) , l’assurance d’être la bonne personne sans subir de de self_désagréments exactement.
    – Évidemment l’épreuve sur dossier est à prendre en considération. Ce qui introduit la visibilité minimum du jeune futur adulte.
    La hausse de la démographie et de la disproportionnalité de l’effectifs des classes associés à ceux d’enseignants et d’élèves par niveau scolaire ou universitaire.
    Une sérieuse handicape déjà active aujourd’hui et certainement insoluble demain sans la consolidation de l’enseignement à distance et informatisé.
    Le pouvoir financier et la richesse culturelle adaptée de chaque famille peut être l’un des facteurs de réussite, dans cette dernière phase de la modernisation de l’éducation nationale.

  13. Arthur

    Voilà beaucoup de sujets, de critiques, d’avis multiples sur ces sujets : école-enseignants- élèves-parents.Je suis neutre (ni enseignant, ni parent…), simple citoyen qui a bien connu, il y a 25 ans, une enseignante dans un établissement prestigieux (pas élitiste) à Paris où les élèves étaient motivés, soucieux de réussir. Une directive a obligé à accueillir des élèves, pourtant triés, venant de zones ou ”banlieues”.Ces élèves n’avaient pas le niveau; les résultats, l’équilibre des classes ont été bouleversés. Au bac, le directeur de l’établissement a donné l’instruction de relever systématiquement les ”mauvaises ” notes, au grand dam des enseignants; en leur disant:« Si vous ne le faites pas, je le ferai»; ce directeur avait reçu des instructions de l’Académie pour maintenir le classement de l’établissement….Ce serait ainsi partout.
    Les élèves ne sont pas tous égaux, et c’est heureux. Ll y en a qui ont les aptitudes pour être médecins, d’autres, prof de maths, d’autres charpentiers ou mécaniciens, ou soudeurs, ce sont de beaux métiers de l’artisanat. C’est à l’État, aux Académies d’anticiper, de s’adapter, de créer des filières utiles.
    Chercher à donner 14 à tous les bacheliers est une idiotie.
    Voyez en Allemagne, la valeur de l’apprentissage! L’apprentissage : cela fait 30 ans qu’on entend dire ” C’est bien ce que font les Allemands ”, et cela fait 30 ans que nous les regardons faire.

    Arthur