Violence à l’école

Les 8 mesures contre la violence à l’école

Nos écoles sont le théâtre d’agressions d’une rare gravité. En tant que parents et que professeurs, nous demandons au ministre de l’Éducation d’envisager toutes les solutions pour protéger nos enfants. Mais avant d’impliquer directement les forces de l’ordre dans nos écoles, nous lui demandons d’essayer d’abord des mesures de bon sens.

1. Faire respecter l’autorité des professeurs
Les enseignants doivent être rétablis dans leur mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes sociaux. Pour asseoir leur autorité, ils doivent disposer des moyens nécessaires ; le droit de donner des « zéros de conduite » et de décider du passage des élèves dans la classe supérieure, doit leur être rendu.

2. Former les professeurs à l’application de la discipline.
Instaurer la discipline dans une classe relève de la pratique. Mais les grands principes doivent être enseignés aux futurs professeurs. L’importance décisive du premier contact avec les élèves, de la tenue du professeur, de son déplacement à travers sa classe, du regard adressé à chaque enfant pendant le cours, peut s’apprendre, de même que les principaux pièges
à éviter : crier, chercher à attendrir les élèves ou « copiner » avec eux.

3. Réintroduire la fonction pleine et entière de surveillant général dans les écoles.
Les professeurs ont besoin du soutien de leur hiérarchie en cas de problème grave avec un élève. La présence d’au moins un surveillant général dans chaque établissement est nécessaire. Sa mission exclusive serait de surveiller les élèves, de contrôler les entrées et les sorties, de prendre en charge les élèves punis et de s’assurer que les sanctions sont effectuées.

4. Responsabiliser les chefs d’établissement
Selon un sondage IFOP – SOS Éducation, 40% des professeurs ne se sentent pas soutenus par leur hiérarchie. Et pour cause : dans le secteur public, le proviseur n’est ni associé à leur recrutement, ni à leur formation, ni à leur évaluation pédagogique. Il est urgent de faire du chef d’établissement le véritable supérieur hiérarchique de l’équipe éducative, de l’école maternelle au lycée.

5. Exclusion définitive à la troisième infraction grave au règlement intérieur.
S’il est normal que les enfants aient le « droit à l’erreur », aucun élève ne doit pouvoir commettre trois infractions graves dans un établissement scolaire sans être renvoyé.

6. Supprimer la réintégration automatique après exclusion d’un établissement scolaire.
L’élève exclu doit accomplir lui-même les démarches pour demander sa réadmission : lettre de motivation, sollicitation d’un entretien auprès des chefs d’établissement. Il faut éviter de lui donner l’impression, comme c’est le cas actuellement, que c’est à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que « son droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs.

7. Restaurer les internats spécialisés.
Certains élèves posent de graves problèmes de discipline, au point de nuire au bon déroulement des cours et d’empêcher les autres élèves d’étudier. Ils doivent être scolarisés à part, si possible en internat, avec les moyens nécessaires pour les remettre sur les rails : encadrement, moyens disciplinaires, rythme de vie imposé. Alors leur réintégration dans le cursus normal pourra être envisagée.

8. Rétablir prix et récompenses pour les élèves méritants.
Les enfants qui travaillent sérieusement à l’école doivent être valorisés et récompensés de toutes les manières possibles. L’usage des bons points, images, prix, récompenses et bourses peut contribuer efficacement à distinguer les élèves méritants.