« Attention syndicats méchants »

« Attention syndicats méchants »

« Attention syndicats méchants »

La valse des réformes fait tourner la tête des syndicats : Évaluation du système, contrats d’objectifs, part variable dans le salaire des enseignants en REP+…

Ils ont bien du mal à suivre et râlent de plus en plus : Jean-Michel Blanquer touche à la zone la plus sclérosée du mammouth, celle des ressources humaines.

Toutes ces choses abhorrées avaient déjà dressé les poils des syndicats. Le réflexe demeure bien ancré.

Parmi ces mesures, les postes à profil sont les plus emblématiques.

Postes à profil

Le ministre compte donner plus de marge de manœuvre à certains chefs d’établissement en leur permettant de recruter des enseignants sur des “postes à profil”.

L’idée est plutôt bonne.

En effet, actuellement, les affectations sont gérées par un système à point et à l’ancienneté. Mécaniquement, les plus jeunes sont placés par défaut, là où personne ne veut aller. On ne tient pas compte de sa personnalité, de ses capacités…

Or le chef d’établissement est le mieux placé pour connaître les besoins de l’équipe pédagogique. Il est au plus près des élèves et du contexte sociologique.

L’idée n’est pas neuve. Souvenez-vous : malgré l’opposition farouche des syndicats, Luc Chatel avait tenté une expérimentation pour le réseau Éclair, en 2010 qui avait tenu 2 ans avant que les syndicats n’arrivent à revenir en arrière toute.

Le chef d’établissement pouvait donner son avis au rectorat, après entretien avec le postulant.

Le ministre avait même élargi le recrutement au niveau national: un enseignant de Toulouse pouvait postuler en région parisienne et non plus seulement dans son académie.

La prime annuelle pouvant monter jusqu’à 3500€…

… conditionnée “à la participation  et à l’engagement des intéressés” — une forme d’évaluation, en somme.

Ainsi le collège de La Belle-de-Mai, à Marseille, recherchait un professeur qui «souhaitait s’engager dans l’éducation prioritaire», désireux de s’occuper d’élèves en «grande difficulté scolaire». Ailleurs, une enseignante spécialisée avait été recrutée pour faciliter le passage entre l’école primaire et la sixième. Les volontaires étaient reçus par les chefs d’établissement qui émettaient un «avis» après un entretien de recrutement. Malgré une prime et des décharges horaires importantes, les postes n’avaient pas tous trouvé preneur, notamment en banlieue parisienne.

Evidemment, les dés étaient pipés, puisque seuls les établissements difficiles étaient concernés.

Toujours est-il qu’à l’arrivée de François Hollande au pouvoir, les syndicats ont eu raison du dispositif: on s’est empressé de tout enterrer, de surtout ne tirer aucun bilan de cette expérimentation innovante, et de revenir au sacro-saint système à point.

Jean-Michel Blanquer relance l’idée, et évoque l’étendre un jour à 10% des enseignants grand maximum. Pas de quoi remettre en cause leur statut.

Espérons que le ministre continue sa progression d’équilibriste jusqu’au bout de son mandat, et qu’il puisse ouvrir quelques fenêtres pour insuffler un air nouveau.

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2 Réponses

  1. Charrette

    Bonjour,
    J’ai toujours été plus ou monis partante pour ces postes à profil, quelque peu méfiante, mais tout de même… jusqu’à cette année.
    Enseignante depuis… oh, longtemps, longtemps, et toujours en ZEP, REP, REP+, zone sensible… enfin, parfaite pour ce genre de poste, très heureuse d’y être et d’y rester.
    Mais voilà, l’an dernier, dans notre REP+, une chef qui ne comprenait pas que l’on travaille pour l’intérêt des enfants… et elle a voulu recruter… avec des motivations bien différentes de celles qui doivent être celles d’un chef. Un prof d’arts plastiques, un prof d’espagnol, un prof d’histoire géo… trois postes à pourvoir. Mais voilà: elle voulait ‘placer’ des personnes de sa connaissance. Elle a en partie réussi (un prof), elle a cassé les autres personnes qu’elle considérait ne pas avoir choisies. Et rien à voir avec les compétences des personnes.
    Puis il y a eu les IMP, ces fameuses heures qui permettent de ‘récompenser’ des personnels qui s’engagent (pour les IMP non statutaires, c’est à dire non réservées à des personnels précis). Mais voilà, toujours la même chose: ça a été à la tête du client… rien à voir avec le mérite, le travail, les projets.
    Et aujourd’hui, les chefs d’établissement ont beaucoup de pouvoir, de plus en plus de pouvoir. Et cela, qui se pose en garde fou? personne. Ni soseducation, ni le ministre… il faut trouver une solution qui puisse empêcher ce genre de comportement.

  2. Garder espoir

    Je suis enseignant en REP+. Vous partez du principe que les chefs d’établissement sont parfaits et qu’ils connaissent les besoins d’un établissement. Mais là aussi il y a de tout: des bons comme des nullards.
    Je suis pour l’exigence, l’ordre, la politesse et les apprentissages. Je trouve mon compte dans l’action de notre ministre alors que je me morfondais des décisions de Mme Valaud B.
    Certains principaux sont inconscients de la vie et des besoins de leurs élèves et ils recrutent en conséquence. Pendant des années, on a eu des surveillants qui s’apparentaient à « des grands frères », ainsi, des petits mâles des cités n’obéissaient jamais à une femme sans la médiation du-dit « grand frère ».
    Donc, attention à ces recrutements sur-mesure !

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