Formation des professeurs : quels changements avec la nouvelle Loi ?

Donnez votre avis

Formation des professeurs : quels changements avec la nouvelle Loi ?

Chère amie, Cher ami,

Merci à tous ceux qui ont commenté les deux premières analyses du projet de loi « Pour une école de la confiance » la semaine dernière.

Aujourd’hui, je vous propose d’examiner ce qui est annoncé pour la formation des professeurs avec le titre III, puis de conclure sur ce projet de loi.

 

Titre III Améliorer la gestion des ressources humaines

Le ministre veut améliorer la formation des enseignants. Les anciennes Espé (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) étaient de qualité très inégales.

Avec leur remplacement par les Inspé (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation), les directeurs seront désormais nommés par le gouvernement et non plus élus comme actuellement. Cela traduit une volonté politique forte du ministre de l’Éducation nationale de reprendre la main sur la formation des enseignants et des CPE et permet d’uniformiser les formations qui étaient jusqu’alors disparates. La lettre importante dans Inspé est le « n » de « national ».

Le changement de nom était-il vraiment nécessaire ?
C’est sans doute symbolique, pour marquer la rupture. Selon Le réseau national des Espé, le changement de signalétique coûterait entre 650 000 et 1 million d’euros.
C’est bien sûr considérable dans l’absolu. Mais si on l’avait réparti sur l’ensemble des professeurs, ils auraient chacun reçu… à peine un euro.

Mais là n’est pas la question. La réalité est qu’effectivement la formation de nos enseignants est inégale, trop d’enseignants ne sont pas, peu ou mal formés.

Quid des contractuels qu’on jette à l’eau sans savoir nager ? (… et s’il vous plaît dans les établissements les plus difficiles ?)

Voici l’un des plus grands défis qu’aura à surmonter le ministre : former les professeurs pour qu’ils arrivent à gérer des classes de plus en plus difficiles, et parviennent à transmettre à leurs élèves un enseignement de qualité.

SOS Éducation veillera au grain. Il faut que l’enseignement redevienne un métier d’expert, de passion, un métier d’engagement et d’exigence.

Que le ce métier d’enseignant redevienne réellement le « plus beau métier du monde » : un professeur doit pouvoir transmettre des savoirs à ses élèves, les voir grandir, se révéler, tomber pour mieux se relever, s’épanouir…

Pour cela, les conditions de recrutement, de formation initiale et de formation tout au long de la carrière de nos enseignants seront déterminantes.

Conclusion

Ce projet de loi pose des jalons. Des amendements seront sans doute apportés au Sénat.
Beaucoup de choses se préciseront par décrets et au travers de décisions locales. SOS Éducation restera vigilante. Nous vous informerons et nous ferons entendre votre voix pour porter auprès du ministre ce qui dans ce projet de loi va dans le bon sens et ce qui doit être revu.

En revanche, je vois beaucoup d’agitation autour de faux débats, qui éloignent les équipes pédagogiques des vrais sujets que sont :

  • la maîtrise des savoirs fondamentaux ;
  • la restauration de l’autorité, de la discipline ;
  • un programme efficace de lutte contre la violence à l’école ;
  • la revalorisation du métier d’enseignant, avec une formation de haute qualité et une revalorisation des salaires ;
  • une meilleure mise en œuvre de l’école inclusive…

Je me demande vraiment… Cette agitation sur les mauvais sujets ne serait-elle pas une basse manœuvre des syndicats pour exister aux yeux des professeurs ?

Qu’en pensez-vous ?

Ce projet de loi « pour une école de la confiance » couvre-t-il les bons sujets ? Pensez-vous qu’il va permettre d’améliorer l’École ?

Vous pouvez nous faire part de votre avis en laissant un commentaire ci-dessous.

À vous lire,

Claire Polin

 

 

Claire Polin
Présidente de SOS Éducation

 

P.S. : vous pouvez aussi retrouver les détails des Titres I et II du projet de loi via les liens suivants :
TITRE I : Garantir les savoirs fondamentaux pour tous
TITRE II : Innover pour s’adapter aux besoins des territoires

30 Réponses

  1. Stéphanie

    Pour avoir été professeur de lycée pendant 39 ans et pour avoir eu des professeurs stagiaires qui ont évolué au fil du temps, je peux vous dire qu’il est fondamental qu’un professeur soit d’abord EXCELLENT dans la matière qu’il enseigne et qu’il ait ensuite un désir intrinsèque de transmettre son savoir, en considérant ses élèves comme des partenaires dans la lutte contre l’ignorance. C’est, à mon humble avis, dans ce sens que doit aller la formation des professeurs du second degré. Mais pour qu’un tel projet soit réalisable, il faut aussi qu’en amont, le ministère de l’Education Nationale ait restauré l’autorité du professeur et le respect du savoir, en étant implacable sur tout ce qui va de l’incivilité à la violence. Sinon, le meilleur professeur ne pourra jamais atteindre son objectif. Au mieux, il jouera le rôle d’assistante sociale, au pire, celui de garde d’enfants.

    1. Je suis absolument d’accord avec Stéphanie. Nous avons placé un immense espoir en M. Blanquer, après l catastrophique Nadja Vallaud Belkasem et puis il nous a semblé avoir été phagocyté par les lobbies de l’éducation dite nationale. or, il me semble qu’il redresse la tête et soit animé de meilleures intentions. Il faut
      qu’il tienne bon.

  2. Gallart

    Bonjour. Enseignant depuis 1976, j’ai eu tout loisir d’apprécier une certaine veulerie de nos syndicats, en particulier du SNES et de unsa . Mais les autres suivent, à l’exception du snalc (auquel je n’appartiens pas, je le précise). Le problème central qui conditionne tout le reste est celui du salaire des enseignants ( cf le papier de Natacha POLONY dans Marianne de cette semaine) qui n’est pas seulement la rétribution d’un travail, mais aussi celui de le reconnaissance relative d’un employeur et d’une, société par rapport à un emploi. Quelle société privée verserait-elle un salaire égal ou supérieur à des employés niveau bac ou DNB et à des ingénieurs bac+5 ou 6? C’est ce que fait aujourd’hui l’État, qui paie davantage ses CRS (niveau Bac) ou ses gardiens de prisons(Niveau DNB, sauf erreur), sans parler des perspectives de carrière par promotion interne. Et un certifié peut terminer …Certifé!
    De plus, nos salaires sont dans les derniers en Europe, après avoir été longtemps en tête (un Instituteur/directeur d’école avec le bac gagnait comme un capitaine, dans les années 60…) et donc, la France offre l’image d’une société où le savoir et ceux qui le transmettent sont les dernières roues de la charrette. Mais qui ne voit que l’ignorance coûte cher et que les pays émergents doivent leur décollage à l’école et à la formation d’une élite qui existe de moins en moins chez nous?

    Ramenons les salaires des enseignants à ce qu’ils étaient ( 2smic en début de carrière, fin vers les 4000 euros pour les certifiés, 2.5 en début et 6000 pour les agrégés, de tels chiffres étant en dessous de ce que gagnent les fonctionnaires de rang équivalent ( commissaire de police par exemple ) Voir UNSA police pour les salaires des CRS et autres . pour les décrochage des salaires enseignants, voir la société des agrégés, qui a mené une enquête intéressante sur ce sujet et constate que les agrégés ont été décrochés de l’alignement traditionnel avec les colonels.

    Cette revalorisation amènera les meilleurs étudiants vers l’E.N et tout suivra, car on ne pourra pas faire croire n’importe quoi à des gens qui réfléchissent, alors qu’il est facile de berner les étudiants formatés qui croient avoir un niveau puisqu’ils ont eu le capes. (Sur le niveau de certains capes, lire les comptes-rendus de jury.)

    MAIS quand a-t-on vu une grève enseignante pour les salaires, et seulement pour les salaires et seulement pour les enseignants? Quand a-t-on vu une action intersyndicale forte sue ce sujet, pour aboutir à des avancées significatives? Jamais, car il faut éviter le corporatisme ( sûr, alors que des collègues ne peuvent se loger à Paris!), il y a l’échelle indiciaire de la fonction publique qui impose une augmentation globale( sauf récemment pour les CRS qui ont obtenu 150 euros mensuels, mais ce n’est pas du corporatisme…), ou le budget de l’État ne pourrait le supporter , ce qu’il faisait très bien il y a 60 ans.

    Bref, des arguties ineptes qui se voudraient des arguments afin que rien ne bouge trop.
    Un mot d’ordre de grève des examens a été lancé: quels syndicat va le reprendre au moment où les stylos rouges marquent le ras-le-bol d’une profession que beaucoup conspuent, alors que dans le même temps, les mêmes personnes affirment: » je le ferais ce métier pour rien au monde! » La contradiction est superbe qui marque la différence entre l’exercice fantasmé d’un métier et la réalité connue directement ou indirectement de ce métier.

    Augmenter les salaires est la priorité qui redonnera du crédit au(x) métier(s) d’enseignant. Le reste suivra!

  3. Pierre Barthe

    On comprend l’idée d’une harmonisation de la formation des enseignants, si celle-ci sort des recommandations théoriques coupées des réalités de la salle de classe. Toutefois, une décentralisation des établissements scolaires devrait permettre à chaque équipe d’enseignants dans un établissement donné, d’abord d’adapter concrètement les objectifs du programme et des modalités pédagogiques au profil des élèves et ensuite de permettre à chaque enseignant d’aborder sa propre approche pédagogique, son propre style, ses propres méthodes qu’il aura testées comme étant plus efficaces que d’autres, en fonction de sa propre personnalité et du rapport qu’il aura su établir avec sa classe. A un professeur bien formé dans sa matière, cette liberté me paraît plus susceptible d’emporter l’adhésion des élèves et leur intérêt pour la matière qu’on leur propose et le respect pour celui ou celle qui travaille à leur faire acquérir. Privilégier l’inventivité et la motivation de l’enseignant et lui faire confiance sont des critères essentiels dans le profil de formation des maîtres.

  4. Denis

    « La confiance n’exclut pas le contrôle ». Je trouve dommage de se référer à cette citation de Lénine, mais devant le désastre auquel nous assistons concernant l’apprentissage des fondamentaux pour nos plus jeunes élèves, c’est une façon presque désespérée d’atteindre certains esprits. Il est urgent, même très urgent de réagir. L’idée de réinstaurer un examen d’entrée en 6ème national permettrait de remettre tout le monde d’accord. J’y vois un double avantage : tester le niveau d’acquisition des élèves d’une part, et ensuite, par voie de conséquence, estimer la valeur du travail fourni par l’enseignant, compte tenu des résultats obtenus auprès de ses élèves. Est-il utopique d’imaginer un élève entrant en 6ème capable de connaître ses tables de multiplication, d’effectuer un division avec des chiffres après la virgule ou de rédiger un texte d’une dizaine de lignes sans fautes ? Réactionnaire sur ce sujet, et content de l’être, je pense qu’il est temps pour tout le monde de se remettre au travail, avec toutes les frustrations constructives que cela comporte. Que l’on arrête d’aller visiter une éolienne ou découvrir la façon dont les moules s’accrochent au rocher afin de redonner le temps, à nos enfants, d’acquérir les bases indispensables leur permettant ensuite de pouvoir faire des choix grâce à une plus grande autonomie.

  5. J’ai été enseignant de physique en CPR, puis prépa INA2 Nancy, puis coopérant au Maroc dans deux lycées marocains (avec des élèves excellents je le précise, des fois que …) Puis à l’IUT de Grenoble et d’Annecy. Depuis ma retraite je continue à me former comme depuis les années 70 dans les nouvelles technologies. J’ai donc monté une structure de formations dans tous ces domaines, appelée Bachal CLUB et FORMATIONS dans la région d’Annecy. Un esprit CLUB, mais une exigence d’Excellence dans l’apprentissage. Plus on est rigoureux, plus on apprécie le travail en profondeur, et plus on a de plaisir à apprendre. Avec cette structure de formation dont le numéro fourni par la DIRECCTE de Lyon est 87 74 03502 74, je tente de former des personnes qui ont envie d’aller plus loin dans les technologies actuelles, les langages du WEB et de la pédagogie, comme l’excellent CAPTIVATE d’Adobe. Mais que c’est dur de trouver des futurs apprenants happés par des structures telles que CCI, Chambre des Métiers, qui proposent la gratuité sur le dos de nos impôts. Si vous voulez apprendre en vous faisant plaisir, soyez les bienvenus chez nous, en haute-savoie. On peut faire aussi du reportage pour donner du sens à l’apprentissage.
    D’accord avec le débat, plus les Profs seront respectés, leur autorité jamais mise en cause par les élèves, et à plus forte raison par les parents, plus ce merveilleux métier sera reconnu et choisi par les jeunes, et naturellement les salaires suivront, puisque lorsque les fondamentaux seront acquis par tous, meilleur sera notre monde économique.
    J’oubliais, ce n’est pas en faisant du snobisme sur l’Anglais ou le chinois, que les solutions en profondeur apparaitront.
    Vive La Fontaine, Prévert, Albert CAMUS et tous les autres…
    J’ai aussi un projet de REPORTER en BOITE, pour donner envie aux écoliers de communes rurales d’écrire et d’envoyer des articles, comme pour le père Noël à une adresse facile à retenir
    REPORTER en BOITE 74370 ANNECY.
    Le facteur n’aura aucun mal à trouver notre boite. Merci.

  6. Mouloud david

    Changer le nom des enseignants est illusoire mais habituel. En revanche les faire nommer par les élus est une arnaque… habituelle elle aussi.
    Déjà 80% des enseignants sont plutôt socialo, alors que la moyenne française est plutôt 50/50. Donc les enseignants devraient « compléter » l’éducation des parents et non la contrer. De plus nommés par l’Etat ils en seront dépendants ! Regardez la presse « accréditée » par l’Etat : ses subventions sont dépendantes de son obéissance !
    Je crois au corporatisme: les enseignants expérimentés – et non politiquement engagés – sont les seuls garants de leurs successeurs ! C’est pour tant simple…bien que contraire à l’arnaque généralisée.

  7. Soib

    « Ecole inclusive ». Beurk, c’est quoi ce mot. Méfiez vous, petit à petit vous allez finir par devenir adeptes de l’écriture inclusive. Vous veillez sur le grain dites-vous. Ah oui, vraiment?
    A Gallard. J’ai adhéré et pris des responsabilités au sein du SNALC. J’ai vu de l’intérieur ce qu’il en était: chacun cherche a tirer la couverture à son avantage, et est prêt à tout faire pour ne pas retourner devant les élèves. Il y a 20 ans cela a pu être différent, et en particulier le bureau national a toujours, à cette époque, lutté contre les taupes franc-maçonnes. Aujourd’hui son président en est une…

  8. GUINARD

    Je ne suis pas enseignant mais je me suis toujours intéressé à l’enseignement ayant été « pion » d’internat au début de ma vie d’adulte.
    Le niveau de salaire des professeurs me paraît être l’indicateur le plus évident de l’importance de leur rôle dans la société et dans le pays.
    Ce rôle important ne peut être acquis que par une formation de haut niveau et des perspectives de carrière attrayantes. C’est à l’Etat de mettre en oeuvre les structures de formation adéquates. Il va de soi que l’accent doit porter sur l’excellence dans la matière enseignée, mais aussi sur l’exercice de l’autorité (pour ne pas dire du commandement), chose qui ne s’improvise pas. Ceci au détriment naturellement d’un formatage des esprits largement gauchisant tel qu’il est apparu dans feus les IUFM…
    Mais ce salaire légitime, fondé sur la compétence et la maîtrise de l’art d’enseigner (mais l’enseigne-t-on vraiment ?), doit aussi se mériter. En représentation permanente, le professeur, s’il veut être respecté (et non pas craint) doit être respectable. Et cela doit se voir dans son attitude, son comportement et sa tenue. Pour ses élèves c’est un exemple constant.
    Je pense que dans ce domaine on a beaucoup cédé à la facilité et on a abandonné la rigueur et l’exigence.
    Et puis, je le dis mezza voce, il est assez confortable de dérouler tranquillement sa petite vie en étant contrôlé en moyenne une fois tous les 10 ans.
    En outre, quel mérite a-t-on lorsque, professeur agrégé, on enseigne une quinzaine d’heures par semaine à des élèves de sixième ?
    Cette observation, sans doute et volontairement un peu exagérée (mais réelle), rejoint l’idée de la conduite d’une carrière qui permet l’épanouissement personnel de l’enseignant.
    En étant incité à occuper les emplois correspondant à son niveau on peut réaliser la bonne adéquation entre la compétence acquise et la qualité des élèves ou étudiants.
    En étant suivis, notés et contrôlés par les supérieurs de proximité (chef d’établissement -c’est quand même le mieux placé pour connaître bien son personnel !), on manifeste de l’intérêt pour l’enseignant et on peut si nécessaire redresser une situation mal engagée ou modifier une orientation.
    Force est de constater que ce n’est pas réellement le cas.
    Je suis bien convaincu qu’une fois tout ceci établi, le nombre d’élèves par classe ne sera plus vraiment un problème et que la diminution résultante du nombre d’enseignants nécessaire contribuera largement à améliorer leur condition individuelle et la considération dont ils jouiront de ce fait aux yeux de tous.

  9. de Brosses

    Pour la sécurité, il faudrait que dans le primaire les professeurs surveillent les élèves lors des récréations au lieu d’aller boire un café et se promener en fumant et en bavardant entre eux comme cela se passe près de chez moi sans s’occuper des élèves. Quand mes enfants étaient en classe les professeurs surveillaient la récréation.

  10. Jacquet Claude

    J’ai été particulièrement impressionné par l’essai effectué en maternelle à Gennevilliers par Céline Alvarez. En mettant les enfants de 3 à 5 ans en émulation, au-lieu de les inciter à la compétition elle avait obtenu des résultats exceptionnels. Non seulement tous les enfants de 5 ans savaient lire écrire et compter mais ils avaient développer une empathie naturelle.
    La compétition est mortelle, pour un gagnant elle génère X perdants. L’entraide favoriserait une fraternité que notre société basée sur l’avoir semble avoir oublié.

  11. BALSAMO

    J’ai enseigné durant trente-cinq ans au lycée. J’ai connu très peu d’enseignants maîtrisant la matière qu’ils enseignaient. Les proviseurs n’avaient qu’un souci: pas de vagues et la réussite de tous, donc le gonflement des notes.
    Je suis d’avis qu’il faut écarter les parents des conseils de classes et que le minimum requis pour enseigner au primaire comme au secondaire soit un master. Vu la valeur actuelle des diplômes c’est vraiment une nécessité.
    Mais je reste particulièrement pessimiste.

  12. DUNOUAU

    Bonjour. J’ai lu avec attention vos trois lettres sur le projet de loi Blanquer. Je crains que vous ne soyez trop optimiste. Nous sommes tous d’accord sur le constat, il est même fait par nos ennemis idéologues ; mais nous sommes diamétralement opposés sur les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à de meilleurs résultats. Cette réforme est le loup dans la bergerie : elle se déguise en fausse bonne solution pour mieux imposer à tout le troupeau les inepties pédagogistes qui sont aussi voulues par M. Blanquer. Rétablir l’autorité de l’enseignant ? Pourquoi alors supprimer l’enseignement de la discipline (suppression des cours magistraux, école inversée…) pour le remplacer par une pédagogie de la mise en action et de la recherche qui, si on la souhaite véritablement efficiente, ne peut décemment pas être (intégralement) mise en place en Seconde, mais devrait plutôt être réservée aux premières années du Supérieur (ou seulement en Terminale) ? Pourquoi augmenter la présence des parents au sein de le nos établissements ? Améliorer la qualité de la formation des enseignants ? Pourquoi uniformiser leur formation au seul moule des instructions nationales qui se laissent abuser par les « pédagogistes » de tout poil ? Pourquoi mettre en danger les écoles privées en leur supprimant des heures d’enseignement sous prétexte qu’elles auraient moins de 36 élèves par classe ? Pourquoi ne pas inciter les jeunes à devenir enseignant en revalorisant le salaire ? M. Blanquer ne cesse d’avoir le mot « confiance » à la bouche, mais il agit en cela comme tout bon gourou qui sait devoir user de termes positifs pour mieux amadouer ses victimes. M. Blanquer risque bien de réussir là où Mme Vallaud-Belkacem avait échoué…

  13. Christian

    Un socle commun de formation initiale me paraît indispensable, l’enseignant ayant ensuite toujours la possibilité d’adapter son enseignement aux circonstances locales. Un enseignant doit archi-dominer son sujet afin d’être crédible auprès des élèves et de susciter ainsi le respect. Je ne peux donc qu’être favorable à une formation « nationale » garante d’un minimum de cohérence.
    Enseignant du primaire à la retraite, je suis tout à fait en phase avec le principe de limiter l’enseignement aux matières fondamentales, afin d’éviter la dispersion que l’on a laissé s’installer et qui amène aux résultats que l’on connaît.

  14. Jaillet

    J’ai lu avec attention les réponses des 2enseignants. J’ai des enseignants dans ma famille. J’ai été fonctionnaire et j’ai travaillé dans le privé.
    Quand on parle de rémunération, il ne faut pas oublier des points très importants. D’abord, un fonctionnaire ne se pose jamais la question le matin en se levant si son emploi est menacé…. quand on le vit, la différence est énorme…par ailleurs, dans l’entreprise, son travail est contrôlé, jugé, évalué en permanence. Rien n’est jamais acquit et ça !!!! Pour celles et ceux qui le vivent au quotidien peuvent en parler, ils aimeraient connaître la sécurité de l’emploi. En conséquence, les rémunérations tiennent compte de ce risque et/ou de cette tranquillité d’esprit.
    Comment ne pas se poser de question sur le niveau de connaissance de nos bacheliers aujour’hui? Demandez aux DRH qui reçoivent des candidats…. Comment réclamer des rémunérations plus équitables si les résultats ne sont pas au rendez-vous….pourquoi des enseignants mettent leurs enfants dans des établissements privés, contrairement à leurs engagements politiques ou syndicaux???
    Oui je suis d’accord pour que les enseignants soient respectés et soutenus par leur hiérarchie, oui on doit appliquer des programmes qui permettent à tous de retrouver le chemin de la réussite, sans les changer à tout bout de champs, oui il faut arrêter de manipuler nos enfants de manière insidieuse ( voir les programmes), mais il ne faut pas sombrer trop souvent dans la facilité, ( rien n’est facile dans beaucoup de métiers). Arrêtez de faire grève trop souvent. Acceptez d’être évalué, vous retrouverez la confiance des parents ET des entreprises et autres sociétés qui attendent de pouvoir recruter des bons elements. …. L’espoir fait vivre….

  15. Il me semble qu’avant de parler de la formation des enseignants, il faudrait clarifier la redéfinition des contenus. Nous sommes au 21ème siècle et les contenus sont encore ceux du 20ème. Les 2 mutations de civilisation que sont le numérique et l’écologie planétaire devraient entraîner une refonte complète des « programmes » et des contenus, ainsi que des méthodes. Je ne sache pas que ces questions aient fait l’objet d’une prospective sérieuse et d’une évaluation de la nécessaire mutation des contenus.

  16. Simon-Duneau

    Merci, encore merci pour votre action constante, argumentée, et pas trop polémique ce qui discréditerait le fond. Notre combat à travers vous est absolument vital après tant d’années de démission face à des doctrinaires qui profitaient de leur position stratégique pour faire de la politique plutôt que de remplir honnêtement leur mission.
    Bien à vous,

  17. durand

    Je pense que nous sommes encore une fois à côté de la plaque. De la poudre aux yeux; de la gesticulation. Rien sur les fondamentaux; rien sur l’evaluation pour entrer en 6ème; rien sur la revalorisation du bac; le contrôle continue est une fumisterie qui évite la culture, la connaissance, le savoir, l’instruction, la mémoire l’analyse et la sythèse un jour « J » à un instant « T ». Quant à la formation des profs c’est le serpent de mer….Nous ferions mieux de les former au karaté…..

  18. curato

    J’ai fait une carrière dans le privé. Une fois en retraite on m’a proposé de faire de la formation professionnelle en tant que formateur national pour faire monter les entreprises en compétence sur la maîtrise des systèmes économisant l’énergie (solaires, thermodynamiques). Mon public était le plombier de base avec un CAP jusqu’aux responsables de PME du génie climatique. Une telle disparité dans le personnel stagiaires m’a beaucoup créé de problème en début de ce nouveau et magnifique métier qu’est la formation. Bien sûr, il y avait une certaine motivation dans ce public, tous étaient à la même enseigne, il leur fallait passer les épreuves pour obtenir leur agrément professionnel mais tous n’avaient pas le même niveau. J’ai bataillé 4 ans au moins avant de trouver le bon réglage mais lorsque j’y suis arrivé, j’ai gagné l’attention de mes stagiaires et j’ai vu la joie de certains, de plus en plus nombreux, qui arrivaient à comprendre ce qu’ils n’auraient jamais imaginé être capable de faire. Quelle satisfaction pour moi, l’ancien professionnel, d’apporter un peu de mon savoir acquis pendant des décennies.
    Je suis fils, frère, beau frère d’enseignants, j’ai vécu dans ce milieu qui est en retard avec son temps. Ce que je vais dire ne va pas plaire à tout le monde mais je considère que la trop grande féminisation de l’enseignement n’a pas aidé à son adaptation. Pour beaucoup, l’enseignement est devenu un métier de confort qui apporte liberté disponibilité, c’est surtout pratique pour les mères de familles, ces enseignantes acceptent d’être mal payées considérant que les avantages le valent bien, ça n’aide pas les autres. En CM2 la maîtresse de ma petite fille s’est absentée presque l’année scolaire pour maternité (c’est souvent le cas), elle a eu un maître remplaçant. Elle a beaucoup mieux travaillé et ses progrès ont été très rapides au point qu’aujourd’hui, en 4ème de collège , elle est toujours dans les 3 premières. Tout ceci pour dire que l’EN est un mammouth dont les effectifs ne se contrôlent plus, que beaucoup d’enseignants seraient plus efficaces dans les classes plutôt que dans les couloirs des rectorats ou en détachement syndical. Des enseignants mieux payés ! certes oui! mais aussi des enseignants qui donnent un peu plus. Lorsque Sarkosy a proposé des augmentations de salaire contre quelques heures de travail en plus, les syndicats de gauche se sont levés « vent debout » contre cette mesure qui, à leur yeux, ne donnait pas le compte. Heureusement que je n’ai pas eu cette attitude dans ma carrière professionnelle, les 35 heures je n’ai jamais su ce que c’était. Cet aspect que j’évoque n’est qu’une partie du problème de l’EN mais je sais que beaucoup de gens, presque une majorité, partagent l’idée que l’enseignement appartient à la collectivité et pas à ceux qui s’en sont emparés au nom de leur idéologie.

  19. Jeanne Maliakas

    En ce qui concerne les professeurs des écoles, il y a urgence à mieux les former en mathématiques, étant donné que 80% d’entre eux ont obtenu des licences de lettres, langues, histoire ou sciences de l’éducation. L’arithmétique doit être abordée le plus concrètement possible. C’est ce qu’on lit dans la presse. Apparaît enfin l’idée que la formation des professeurs des écoles devrait être beaucoup plus pluridisciplinaire! Pourquoi pas une licence généraliste? Au lieu d’une licence de spécialité, qui convient àux professeurs du secondaire, mais est absurde pour enseigner plusieurs matières.
    Ancien professeur de lettres classiques, je fais travailler des enfants d’origine mrocaine et vietnamienne depuis des années. J’ai vu des cours d’une ambition démesurée cotoyer une ignorance abyssale!

  20. Isabelle

    Professeur des écoles, depuis 5 ans, je suis très sensible à la « formation ». Trop théorique, conceptuelle, elle ne nous permet pas d’arriver dans une classe de manière sereine, Trop peu de cours sur l’organisation concrète d’une journée de classe, du jargon oui plus qu’il n’en faut. Heureusement j’avais un bon niveau en maths, français, grammaire, histoire… , ce qui m’a beaucoup aidé.
    Le niveau des enseignants est primordial pour ensuite transmettre avec du bon sens, et un niveau élevé d’exigence.
    Je compare souvent avec mes études d’infirmière puéricultrice: ses années de formations contiennent des connaissances théoriques d’un côté, mais aussi le même temps consacré à la pratique, à l’organisation des soins autour d’un patient, au sein d’un service…
    Nous arrivons donc en poste avec un vrai savoir-faire.
    Malgré mon âge, mon expérience, je me suis sentie en échec, dans les débuts de ce nouveau métier d’enseignant, alors que je sais que j’en ai vraiment toutes les capacités.
    Changer de nom les centres de formation n’est qu’un leurre à mes yeux, j’attends un réel engagement pour un socle de connaissances, en dessous duquel nul ne peut être recruter, mais aussi un recrutement plus en lien avec la personnalité, leur motivation, leur créativité, leur rigueur morale…

  21. Chère Madame,
    Je lis toujours avec intérêt vos commentaires et les positions que vous prenez sur les textes des lois et règlements ( les seuls d’ailleurs qui comptent vraiment). Je ne suis ni français, ni enseignant, ni intéressé par les salaires dans la fonction publique en France.
    Je pense que tout vos malheurs proviennent d’une très ancienne loi, celle qui a rendu l’école obligatoire. Car au départ, cette loi n’était pensée que dans une optique de l’enseignement primaire: lire, écrire correctement la langue française, compter, et calculer à l’aide des quatre opérations fondamentales de l’arithmétique, quelques notions d’histoire nationale et de géographie. Mais elle a été étendue à un tel point que maintenant un bachelier, s’il sait lire, ne sait plus écrire, ignore la table Pythagore, et confond Charlemagne avec Charles Quint, l’Irlande avec l’Isllande.
    Pour moi, l’instruction aux frais des contribuables devrait être un privilège et non une obligation. Pour recevoir les bienfaits d’une instruction publique, l’impétrant devrait montrer spontanément le goût de savoir, de comprendre, et pourrait alors être pris en charge , et faire preuve de courage et de ténacité pour pouvoir continuer à apprendre.
    On voit d’ailleurs que les instructions les plus efficaces sont dispensées, non par des établissements d’enseignement, mais par des organismes liés d’une façon ou d’une autre à la sécurité Sociale, et cela en un temps record! Preuve évidente de l’échec de l’enseignement général obligatoire qui envoit dans les classes de malheureux qui s’y ennuient et embêtent les quelques-uns qui ont envie d’aprendre.

  22. Léa

    Il y a un an, j’étais professeur des écoles stagiaire dans une école privée sous contrat et je n’ai pas poursuivi. Je ne peux pas comparer ma formation avec celle du public, mais de ce que j’ai entendu dire, il faudrait aussi une harmonisation des ISFEC (les centres de formation pour le privé). Dans celui où j’ai étudié, je n’ai eu que très peu de cours sur la lecture ! ni sur les mathématiques et trois fois rien sur toutes les autres matières qui sont aussi à enseigner. Je sais que dans d’autres ISFEC, cela ne se passe pas ainsi.

    Une entrée progressive dans la prise en charge d’une classe serait bienvenue en effectuant des stages longs auprès d’enseignants expérimentés. Il est aussi essentiel de voir différents niveaux. Entre la petite section et le CM2, il y a une différence ! Et accorder une part importante au CP, qui est une année charnière pour la lecture et l’écriture.

    Ce qui ressort des échanges que j’ai pu avoir avec des étudiants du privé comme du public, c’est le manque de contenus pratiques. On fait beaucoup de théorie, mais on ne peut pas rattacher cette théorie à du vécu. L’école est loin quand on est en master ! On a besoin de choses très concrètes, basiques.

    Enfin, ce qui me parait essentiel et qui rejoint le commentaire de Pierre Barthe, c’est la confiance et la liberté accordées à un jeune enseignant. J’ai étouffé dans ce système, je me suis sentie oppressée et j’étais dans un état de stress et d’angoisse permanent. C’est horrible de sentir qu’on n’est pas à la hauteur et que nos élèves le subissent en première ligne. Je voulais transmettre, j’avais une exigence de qualité, mais je n’avais pas la formation, les moyens et dans mon cas comme dans beaucoup d’autres, il y a une hiérarchie (directeur, tuteur, conseiller pédagogique) qui nous enfonce sans cesse. Tant qu’on reste dans ce système quasi totalitaire, il n’y aura pas d’école de la confiance.

  23. Dulas

    Enseignante en retraite après 44 ans de carrière en collège et lycée général puis technologique ainsi que formateur en IUFM et membre d’un jury de CAPES, j’ai pu constater la baisse catastrophique du niveau des élèves à l’entrée en 6ème puis chez les futurs bacheliers à qui l’on donne parfois le diplôme. Le baccalauréat n’a plus aucune valeur. Seuls s’en tirent les élèves motivés et travailleurs qui vont vers les grandes écoles…
    Arrêtons aussi de dévaloriser l’enseignement technique et l’apprentissage pratique en entreprise et valorisons le travail technique et manuel où j’ai vu beaucoup d’élèves s’épanouir. Tout pays a besoin de ces travailleurs motivés qui ont soif d’entreprendre s’ils se sentent respectés et encouragés par la société et l’Etat.

    Je suis d’accord avec ce qu’écrivent Claire Potin et ceux qui ont déposé un commentaire.

    Oui, l’évaluation régulière, objective et formatrice est nécessaire pour progresser. Evaluations des élèves mais aussi des enseignants et des établissements.
    Faire évoluer les réformes en évaluant leurs effets mais trop de réformes est aussi contre productif.

    Oui, l’attitude individualiste des enseignants et corporatiste des syndicats a beaucoup bloqué le système.

    Oui, la formation et le suivi des enseignants est primordiale. Le niveau dans chaque matière est aussi important que la motivation et les capacités pédagogiques.

    Oui, les enseignants doivent être mieux reconnus par l’Etat et la société par un salaire conforme au niveau d’étude exigé. Il faut aussi reconnaître les efforts de formation continue dans la rémunération ainsi que des différents type de public auxquels sont confrontés les enseignants. Eviter de nommer des novices dans les zones difficiles , encourager les enseignants chevronnées pour les épauler…

    Oui, l’école doit faire respecter les règles de citoyenneté, du vivre ensemble et de la politesse envers le personnel , les camarades…Règles applicables aux élèves , à la communauté éducative et aux parents.
    La violence , les dégradations et le harcèlement doivent être bannis et sanctionnés réellement.

    Les moyens financiers sont certes nécessaires mais ne suffisent pas. Tout le système est à revoir en profondeur , en s’appuyant sur les modèles qui fonctionnent beaucoup mieux que nous !
    Tout est question de volonté de tous les partenaires, parents y compris. Quel avenir pour nos jeunes et quelle société voulons nous former ?

    Même si tout n’est pas parfait dans la nouvelle loi qui ne résoudra pas immédiatement tous les problèmes actuels de l’Education nationale, je suis d’accord avec Claire Potin sur l’essentiel.
    Laissons cette loi se mettre en place, évaluons et réajustons.
    La priorité étant notre jeunesse , son avenir, la société de demain dans le contexte international tant économique que politique qu’environnemental et l’avenir de la vie sur planète !

    Merci à Claire Potin et encouragements pour son combat !

    Marie Dulas

  24. Abel Anjorand

    la première chose à faire est de rétablir la discipline dans l’école, rien ne se fera si cette condition n’est pas remplie, quand je dis l’école, c’est toute l’école l’école avec un grand E « École », c’est à dire à commencer par le « Mammouth » et tout ce qui en découle jusqu’à la salle de classe, la cour de l’école , l’éducation des parents dont l’école a besoin de leur concours, et en passant par toute la hiérarchie et particulièrement les enseignants « DISCIPLINE »- « DISCIPLINE » un grand coup de balai s’impose

  25. Berni

    Tant que l’éducation nationale sera gérée par les ayatollahs de gauche, nous n’arriverons à rien. Toutes les bonnes idées de gestion seront minées et sapées par les syndicats.

  26. saron

    Bonjour,
    je suis une grand mère qui voit avec consternation le niveau des profs se dégrader, en particulier sur le français et les langues étrangères. Que dire aussi des maths avec des explications hors- sol qui pénalisent les élèves en les éloignant de la logique.

    Nombreuses fautes dans les corrigés des profs, commentaires sur le carnet de liaison et textes recopiés par les élèves selon ce qui est écrit au tableau.
    J’ai récemment eu à intervenir lors d’une visite accompagnée dans une médiathèque pour donner une explication à une gamine incrédule qui ne comprenait pas le sens du mot « lapider ».
    Lorsque je lui ai précisé que LAPIDA voulait dire pierre en latin, et lapider lancer des pierres, son visage s’est éclairé et la maitresse m’a remerciée de cette explication !
    Idem pour l’initiation à l’anglais. On commence par apprendre des contractions de langage parlé au lieu de la langue de base : Ex I wanna do au lieu de I want to do ! J’ai peur pour la suite et je donne déjà des cours de soutien à plusieurs enfants dans la classe de ma petite fille qui ont peur du passage en 6ème.

    Je suis donc très favorable à l’amélioration de la formation qui ne peut qu’être bénéfique aux enseignants en leur donnant plus d’assurance et permettre la transmission des savoirs.

    cordialement

  27. Pelan

    Ce ministre est aussi décevant que ses prédécesseurs . Finissons-en avec le collège unique qui n’a en rien comblé les inégalités depuis 4 décennies, bien au contraire et rétablissons l’autorité des enseignants afin qu’ils puissent dispenser un enseignement digne de ce nom sans consacrer un quart d’heure par cours à faire de la discipline . J’ai terminé le trimestre en déposant une main courante à l’encontre d’une mère d’élève qui me menace parce que j’ai sanctionné son fils qui passe son temps à perturber le cours. Bien sûr, silence assourdissant de l’administration et de l’institution! Quant à notre ministre, je ne perçois que des effets d’annonce sans rien de concret. Le pédagogisme continue à faire ses ravages avec son cortège de soit-disant « projets innovants » qui semblent extraordinaires sur le papier mais quand on constate ce qui se fait sur le terrain, c’est une toute autre histoire. La nouvelle DHG de mon établissement (REP) atteste qu’il n’y aura aucun changement : les CHA « théâtre » et « VTT » sont inclus dans l’enveloppe globale. Autrement dit , on utilise les moyens pour ces activités qui de plus ne concernent pas tous les élèves. Je n’ai rien contre le théâtre et le VTT mais il me semble qu’il y a d’autres priorités comme remettre les élèves à niveau en français , mathématiques et LV . On est sur « le front de guerre » et notre ministre nous propose « du thé ou du café? »