La mobilisation des enseignants contre la réforme des retraites

Note d'analyse
La mobilisation des enseignants contre la réforme des retraites

La mobilisation des enseignants contre la réforme des retraites

Chère amie, Cher ami,

Vous pressentez que la question des retraites n’est pas le seul enjeu de la mobilisation des enseignants.

Et beaucoup demandent à SOS Éducation de clarifier la question.

Vous trouverez l’intégralité de notre note d’analyse ici.

Notes d'Analyses sur la mobilisation des enseignants

En voici les grandes lignes.

La réforme des retraites n’est PAS le fond du problème

Cette réforme brise un accord tacite avec les enseignants.

Ils acceptaient d’être globalement sous-payés en début de carrière et d’avoir une progression salariale très faible les 15 premières années…

En échange, cette progression s’accélérait pendant les 15 dernières années et le calcul de leur retraite se basait sur ces meilleures années.

Or la réforme propose d’étendre la base du calcul sur les 25 dernières années.

De sorte que les professeurs se retrouvent deux fois perdants : à la fois en début de carrière et à la retraite.

Mais ce n’est que l’étincelle qui met le feu aux poudres. Car c’est en réalité le révélateur d’un problème plus profond.

Le niveau de rémunération au cœur du débat

Quand on plonge dans le sujet, on découvre que nos enseignants sont globalement mal payés.

Les moins bien lotis sont les enseignants du primaire : non seulement ils gagnent 9 % de moins que leurs homologues étrangers tout en assurant 10 % de plus d’heures de classe. Mais en plus, contrairement à leurs collègues du secondaire, ils ont moins de temps disponible pour compléter leur salaire par des heures supplémentaires ou des cours particuliers.

Les comparaisons internationales le confirment, comme vous pourrez le vérifier dans la note d’analyse.

Par exemple, à pouvoir d’achat équivalent, un instituteur allemand ayant une expérience de 15 ans gagne un demi salaire de plus que son homologue français. C’est énorme.

Ainsi, selon nos derniers échanges avec Eric Charbonnier (analyste de la direction de l’éducation et des compétences à l’OCDE, et référent des études PISA et TALIS pour la France), il conviendrait d’augmenter de 10 % les salaires de nos enseignants en début de carrière et d’accélérer les progressions de salaire sur les 15 premières années d’exercice pour combler l’écart. Mais cela ne règlera qu’une partie du problème, celle de la rémunération.

Reste la question de la formation, et des moyens mis à disposition.

Un manque crucial de formation et de coopération

Au delà de la seule rémunération, les enseignants français manquent cruellement de formation.

Paradoxalement, les enseignants français sont très diplômés et, en même temps, ils ont de graves carences de formation.

Là encore, la comparaison internationale est très éclairante, comme vous pouvez le voir dans la note d’analyse.

Par exemple, seulement 17 % des enseignants français déclarent avoir bénéficié d’une initiation formelle ou informelle lorsqu’ils ont rejoint leurs établissements contre 42 % dans les autres pays de l’OCDE.

Et seulement 55 % des enseignants français ont été formés à la gestion des comportements en classe, alors qu’ils sont 72 % en moyenne dans les autres pays.

La conséquence ?
L’enquête internationale Pisa la montre tristement.

La France est l’un des trois pays où les élèves font état des plus grandes préoccupations liées aux problèmes de discipline en classe. Il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France.

En France, 1 élève sur 2 déclare qu’il y a du bruit et du désordre dans la plupart, voire dans tous les cours (1 sur 3, en moyenne dans les pays de l’OCDE).

Plus de 2 élèves sur 5 déclarent que le temps d’apprentissage est réduit en raison du bruit, car les élèves mettent longtemps à commencer à travailler après le début du cours (seulement 1 sur 4 en moyenne dans les pays de l’OCDE).

L’inquiétant problème d’attractivité du métier

On comprend dès lors que le métier d’enseignant soit en crise et que les rectorats peinent à recruter.

Il suffit de regarder la courbe des candidatures au Capes (le concours pour devenir enseignant en collège et lycée) que vous trouverez page 6 de la note d’analyse. Effarant !

Ce phénomène conduit souvent les chefs d’établissements à recruter sur le tas des « apprentis » professeurs, sans garantie qu’ils aient véritablement le niveau académique requis et sans formation à la pédagogie. Ce « nouveau corps professoral » se retrouve seul et souvent démuni pour gérer ses classes. S’installe alors une équipe pédagogique à deux niveaux, sans coordination entre les équipes.

Dans son entretien avec SOS Éducation, Eric Charbonnier, de l’OCDE, souligne la corrélation entre la bonne considération du métier (mesurée par l’étude internationale Talis) et la performance des élèves (mesurée par Pisa).

Les 4 propositions de SOS Éducation

SOS Éducation considère que le budget de l’Éducation nationale est déjà très élevé. Dans ce contexte, il est difficile de soutenir des mesures qui auront pour conséquence d’aggraver encore la dette publique.

Il est pourtant évident que les enseignants qui sont face aux élèves sont aujourd’hui, à compétences et temps de travail identiques, moins payés que leurs homologues étrangers.

Ce n’est pas digne d’un pays comme la France.

Se pose alors la question d’une meilleure répartition des ressources au bénéfice de ceux qui assurent leur mission et qui font classe…

Voici les 4 propositions de SOS Éducation pour revaloriser le métier d’enseignant :

  • Revaloriser la rémunération des enseignants en début de carrière et sur les 15 premières années, afin qu’elle corresponde à leur travail, si essentiel à notre pays.
  • Restaurer l’autorité des enseignants, par la formation et en leur donnant les moyens de se faire respecter dans leur classe.
  • Développer la formation continue en gestion de classe et dans la prise en charge des élèves aux besoins spécifiques.
  • Concentrer les dépenses du budget de l’Éducation nationale sur ceux qui font classe et qui ont la charge de faire progresser tous les élèves.

 

Pour découvrir la note d’analyse complète, cliquez sur le bouton ci-dessous :

J'accède à la note d'analyse

Notes d'Analyses sur la mobilisation des enseignants

Priorité à l’Éducation !

Signature Sylvain Marbach

Sophie Audugé,
Déléguée Générale de SOS Éducation

 

P.S. : Et vous, qu’en pensez-vous ? Je serais ravie de connaître votre avis sur les 4 propositions de SOS Éducation pour revaloriser le métier d’enseignant. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour accéder au sondage :

Je donne mon avis

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de