Entretien avec une enseignante en langue dans le privé

Entretien avant la réouverture des écoles
Entretien avec une enseignante en langue dans le privé

Entretien avec une enseignante en langue dans le privé

Entretien avec une enseignante en langue dans une école privée hors contrat en Île-de-France

SOS Éducation : Comment votre école s’est-elle organisée concernant la « continuité pédagogique » ?  

Enseignante : Nous avons utilisé l’outil « École directe » et les parents nous envoyaient une synthèse.

SOS Éducation : Quelles directives avez-vous reçues de votre direction ? Et de la part de l’inspection ? 

Enseignante : De l’inspection : aucune. De la direction : de s’organiser pour la continuité pédagogique dès la fin des cours. Puis des informations régulières sur la situation.

SOS Éducation : Comment l’annonce de la “continuité pédagogique” a-t-elle été perçue par l’ensemble du corps enseignant ? 

Enseignante : Reçue comme une pénible nécessité. Nous avons été associées à l’organisation, qui doit prendre en compte le fait que toutes les élèves ne disposent pas d’un ordinateur.

SOS Éducation : Est-ce que l’organisation a été compliquée à mettre en place ? 

Enseignante : Non mais elle a été coûteuse en temps.

SOS Éducation : Tous les enseignants ont-il pu assurer les cours à distance ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Comment les choses se sont mises en place en matière d’organisation ? 

Enseignante : Le travail pour la semaine suivante était donné le week-end, il était synthétisé par les professeurs sur une feuille de suivi remise aux parents. Les parents contrôlaient que tout était fait et ils renvoyaient les devoirs à chaque professeur, puis il s’en suivait des appels téléphoniques.  

SOS Éducation : Aviez-vous tous les éléments nécessaires (sur le plan pédagogique mais aussi sur un plan matériel) pour mener à bien la “continuité pédagogique” ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Quel matériel avez-vous utilisé (mis à disposition de l’école, le vôtre, un prêt… / idem concernant la connexion internet) ? 

Enseignante : Livre et mes propres ressources (y compris Internet) ; J’ai utilisé l’abonnement Teams de l’école.

SOS Éducation : Quels moyens avez-vous utilisés pour être en contact avec les familles, vos élèves… ? 

Enseignante : Les e-mails et le téléphone.

SOS Éducation : Quels systèmes, logiciels, applications avez-vous utilisés pour communiquer vos cours, exercices… ? 

Enseignante : E-mail.

SOS Éducation : Étiez-vous déjà à l’aise avec ces outils ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Avez-vous été formé(e) ? Si oui, comment ? Par qui ? 

Enseignante : Nous avons bénéficié d’une formation à l’outil Teams par le responsable informatique de l’école.

SOS Éducation : Avez-vous développé vos compétences sur cet outil pendant le confinement ? 

Enseignante : Plus ou moins.

SOS Éducation : Allez-vous poursuivre l’usage de certains outils en classe ? 

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Que vous ont appris, apporté ces changements de mode de travail ?

Enseignante : Un suivi plus personnalisé des élèves, mais pas tenable sur le long terme.

SOS Éducation : Concernant l’assiduité des élèves – Tous les élèves de votre classe ont-ils suivi vos cours à distance et ont-ils remis les devoirs demandés ? 

Enseignante : Presque.

SOS Éducation : Combien d’élèves ne se sont pas manifestés ? Sur combien d’élèves au total ? 

Enseignante : 5-6 sur 120 (soit 4 à 6 %).

SOS Éducation : Avez-vous pu joindre les familles ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Avez-vous pu en remettre certains au travail ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Ces élèves sont-ils également des décrocheurs en classe ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Avez-vous des élèves en situation de handicap dans votre classe ? Si oui, combien ? 

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Avez-vous pu organiser des points réguliers avec les parents ?

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : En étaient-ils demandeurs ? 

Enseignante : Pour certains d’entre eux oui.

SOS Éducation : Avez-vous modifié la nature des exercices et devoirs demandés du fait que les élèves pouvaient s’aider de leur cours, ou bien se faire aider par les parents ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Avez-vous noté les devoirs maison, les rendus ? 

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Par notes ou par compétences ? 

Enseignante : Par appréciations.

SOS Éducation : Avez-vous ajusté votre notation à la situation particulière des élèves ?

Enseignante : Oui

… au niveau que vous connaissez de l’élève ? Oui

… au niveau d’aide que vous pensez qu’il a eu ? NSP

… au mérite du fait des conditions intrafamiliales que vous connaissez ? NSP

… à l’assiduité au travail ? Oui

SOS Éducation : Avez-vous senti un relâchement, une baisse de l’assiduité après l’annonce du ministre Jean-Michel Blanquer sur le fait que les notes ne seraient pas comptées dans les bulletins ?

Enseignante : NSP

SOS Éducation : Avez-vous le sentiment que vous avez pu avancer normalement dans le programme ? Plus vite (vous êtes en avance), plus lentement (vous êtes en retard) ? 

Enseignante : Normalement.

SOS Éducation : Considérez-vous que les évaluations faites à distance vous permettent de juger plus, moins ou autant que les évaluations faites en classe ? 

Enseignante : Moins.

SOS Éducation : Avez-vous pu varier les activités demandées du fait justement de travailler à distance ? Par exemple, quelle activité avez-vous pu donner à faire qui n’aurait pas été possible en classe ? 

Enseignante : Approfondissements selon les niveaux des élèves.

SOS Éducation : Si vous deviez évaluer le temps de travail, vous diriez que vos élèves ont dû passer combien de temps à travailler sur votre matière par jour (pour la maternelle et le primaire), par semaine (pour le collège) à comparer avec quelle durée de cours ? 

Enseignante : Plus ou moins le temps habituel des cours, sans compter le temps des devoirs qui s’ajoute.

SOS Éducation : Avez-vous remarqué des différences de comportement chez vos élèves ? Angoisses, peur… ? 

Enseignante : Oui, certains ravis des entretiens téléphoniques, d’autres stressés.

SOS Éducation : Diriez-vous que votre temps de travail a été plus élevé, moins élevé, ou identique par rapport à celui nécessaire en classe ordinaire ? 

Enseignante : Plus élevé.

SOS Éducation : Avez-vous senti un relâchement, une baisse de l’assiduité après l’annonce du ministre Jean-Michel Blanquer sur le fait que les notes ne seraient pas comptées dans les bulletins? 

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Quel a été le rôle des parents ? Que leur avez-vous demandé de faire ? Combien de temps pensez-vous qu’ils devaient passer par jour pour veiller à l’assiduité de leur enfant ? 

Enseignante : Vérifier que les devoirs étaient faits.

SOS Éducation : Si vous deviez donner 3 à 5 points positifs de cette situation ? 

Enseignante : Personnalisation des exigences.

SOS Éducation : Si vous deviez donner 3 à 5 points négatifs ? 

Enseignante : Trop coûteux en temps. Nécessité de relations entre professeur et élève mais aussi entre élèves

SOS Éducation : Êtes-vous favorable à la reprise de l’école le 11 mai prochain ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Pourquoi ? 

Enseignante : Sociabilité.

SOS Éducation : Retournerez-vous faire classe ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Pourquoi ? 

Enseignante : C’est mon métier !

SOS Éducation : Appréhendez-vous ce retour ? 

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Pour quelles raisons ? 

Enseignante : Impossibilité de maintenir les cours à distance et en présentiel.

SOS Éducation : Pensez-vous que le taux d’absentéisme sera très important dans votre établissement ? 

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Côté enseignants ?

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Côté élèves ? Quel pourcentage à votre avis ?

Enseignante : Oui. 60 à 70 %.

SOS Éducation : Quels profils d’élèves seront présents selon vous ?  

Enseignante : Les élèves qui sont restées à Paris pendant le confinement.

SOS Éducation : Êtes-vous favorable au volontariat des familles pour envoyer leurs enfants à l’école ?

Enseignante : Oui.

SOS Éducation : Pensez-vous qu’il faille imposer à certaines familles le retour de leurs enfants à l’école, en fonction de l’assiduité ?

Enseignante : Non.

SOS Éducation : Pensez-vous que, pour les élèves assidus et les parents qui le demandent, le maintien de l’école à la maison est une bonne solution pour limiter le nombre d’élèves par classe ? 

Enseignante : Pas de solution !

SOS Éducation : Pour ceux qui ne seront pas présents, pensez-vous possible de continuer l’enseignement à distance, en même temps que le cours en présentiel ?

Enseignante : Non.