Nouveaux manuels scolaire : attention danger !

Les professeurs membres de SOS Éducation examinent actuellement les nouveaux manuels scolaires que les éditeurs envoient aux établissements pour répondre à la réforme des programmes scolaires.

Ils relèvent une baisse généralisée du niveau d’exigence et des exercices parfois consternants.

On propose désormais aux élèves, en français, de répondre à des SMS de rupture : « Cc c mwa, jcroi kon devré fer 1 brek ». On leur demande en mathématique de compter des smileys et des « émoticônes ». En physique, on les invite à s’intéresser à l’intensité du courant qui a électrocuté Claude François dans sa baignoire. Etc., etc.

Quand un manuel de 4e propose un exercice de rédaction invitant à critiquer son enseignant en « contournant [sa] censure » que recherche-t-on, sinon saper l’autorité et le prestige des professeurs ?

Mais le pire, c’est en histoire-géographie.

Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des nouveaux manuels font quasiment l’impasse sur les belles pages de l’histoire de France, pour s’attarder des chapitres entiers de culpabilisation mémorielle. Pourtant l’histoire de France ne se résume pas à l’esclavagisme au XVIIIe siècle, la colonisation au XIXe, et la collaboration au XXe !

Les grands personnages sont réduits à la portion congrue, voire franchement malmenés.

Et certains éditeurs vont jusqu’à faire l’apologie de la ministre Najat Vallaud-Belkacem et de sa réforme du collège, en reproduisant la Une du quotidien socialiste Libération !

Heureusement, le manuel Magnard Terre des Lettres, en français, conserve un bon niveau d’exigence. Et le Nouveau Manuel d’Histoire publié par La Martinière, et coordonné par l’historien Dimitri Casali, avec une belle préface d’un ancien ministre de l’éducation, constitue la bonne surprise de l’ensemble.

Ce manuel d’histoire qui couvre tout le niveau cycle 4 (5e – 4e – 3e) présente une approche chronologique, qui tient compte du programme, mais qui complète aussi ses lacunes. Les illustrations sont splendides, les textes bien écrits, et surtout équilibrés dans leur perspective sur les événements historiques.

Un spécimen est intégralement consultable en ligne, et notre association invite tous les professeurs à prendre le temps de le parcourir :

Dans ce manuel, pas d’approche thématique éclatée, pas d’EPI, pas de jugements anachroniques sur les pages sombres du passé : mais des leçons solides, une maquette claire, et quelques exercices ludiques pour intéresser les élèves.

Il faut désormais souhaiter que ce manuel explicite et fédérateur soit mis à la disposition du plus grand nombre d’élèves !