Illettrisme à l'école

Les Débats de l'éducation N°3

Illettrisme à l’école

Le test de déchiffrage, la solution pour vaincre l’illettrisme

Pour les 60 000 parents d’élèves et professeurs réunis par l’association SOS Éducation, la lutte contre l’illettrisme constitue une priorité absolue.

La première mission de l’école publique n’est-elle pas d’apprendre aux enfants à lire et écrire, et ainsi d’ouvrir leur intelligence au monde qui les a précédés, ce monde qu’ils auront bientôt à construire ?

Pourtant, malgré l’empilement des mesures de remédiation prises pour endiguer le fléau de l’illettrisme, malgré les programmes de promotion du livre et de la lecture, malgré un maillage très serré de bibliothèques publiques sur le territoire et l’injection de moyens toujours croissants, depuis des décennies, une frange incompressible de 20 % des élèves sort de l’école sans savoir lire, tandis qu’au moins
un tiers des collégiens lisent mal.

Derrière le sombre tableau dressé par les statistiques, il y a le drame inacceptable d’enfants auxquels notre pays ne propose pas d’autre avenir que celui de l’échec social et de l’assistanat. La valorisation de la créativité de l’élève au sein d’une « pédagogie de projets », érigée depuis 40 ans en dogme de l’Éducation nationale au détriment de la transmission des savoirs fondamentaux, a montré pour eux ses limites en matière de maîtrise de leur propre langue. Et nul ne peut se satisfaire de la solution trouvée en la médicalisation systématique du traitement de leurs difficultés en lecture, par laquelle l’institution transfère un certain nombre de dépenses vers la Sécurité sociale et/ou vers les familles,
s’exonérant ainsi de sa responsabilité, et dissimulant sous couvert de pathologie ce qui est avant tout le résultat d’errements pédagogiques.

L’étude que vous tenez entre les mains montre comment, avec (un peu de) courage politique et (beaucoup de) pragmatisme, l’Angleterre a réussi, partant d’une problématique similaire à la nôtre, à retourner la tendance. Inspirée par ce modèle, l’association SOS Éducation propose aujourd’hui un outil immédiatement opératoire pour avancer vers l’horizon où plus aucun élève ne sera privé du pouvoir de la lecture et de l’écriture.

Nous le soumettons aux responsables politiques et aux acteurs de l’éducation avec ce beau défi : prendre des engagements chiffrés en matière de réduction de l’illettrisme à l’école.