Les enseignants à rude épreuve

Communiqué du 17 juin 2014

Les enseignants à rude épreuve

SOS Éducation, la plus grande association indépendante qui milite au quotidien pour une école plus efficace, a commandé auprès de l’IFOP un sondage adressé à un échantillon représentatif de plus de 600 enseignants du secondaire sur leurs conditions de travail et l’image qu’ils ont de leur métier.

Lorsque vous venez de décrocher votre diplôme de Master (bac +5), ne faut-il pas être un peu fou pour accepter de s’installer à l’autre bout de la France, d’endurer le mépris de vos concitoyens, de faire face à la violence des ghettos pudiquement appelés “établissements sensibles”, de supporter l’indifférence de votre hiérarchie et l’incurie de votre administration, tout cela pour une rémunération qui se rapproche de plus en plus du SMIC ?

Le ministère de l’éducation, même à grands renforts de sessions extraordinaires et de repêchages des fonds de classement, s’étonne de ne pas parvenir à recruter les dizaines de milliers de professeurs annoncés. En mathématiques, la dernière session du CAPES a permis de recruter 793 professeurs, alors que l’on proposait… 1592 postes ! Aux derniers concours de professeurs des écoles, 22 académies sur 30 n’ont pas pu recruter les enseignants dont elles avaient besoin, même si les derniers admis avaient 4,17 / 20 de moyenne !

Et à côté de cette crise historique, une seule question occupe le ministère : les activités para-scolaires et la réformette de la réformette des rythmes ! Le gouvernement espère peut-être que la hausse continue du chômage va entretemps susciter des vocations ?

C’est là que notre sondage IFOP-SOS Éducation rappelle au réel : les professeurs sont à bout ! Plus de la moitié (54%) dit d’ailleurs être ou avoir été en situation d’épuisement professionnel (burnout).

68% disent songer à changer de métier !

L’effondrement de l’autorité, la violence sont désormais endémiques : dans l’enseignement public, plus de 40% des professeurs estiment que leur hiérarchie ne les soutient pas ! 40% disent se faire insulter, presque 10% agresser !

15% des enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leur établissement (en Ile-de-France, on monte à 21%) ! Plus d’un tiers estime ne pas être respecté par les parents d’élèves !

Au final, le bilan est sans appel : alors que les 2/3 des Français se disent prêts à encourager leur enfant s’il souhaite devenir enseignant, chez les professeurs, une majorité déclare le contraire. C’est surtout le cas des professeurs agrégés, plus sensibles à l’effondrement des exigences académiques, et des enseignants du public, dont les conditions de travail sont généralement plus dégradées que dans le privé.

SOS Éducation, qui a notamment créé il y a quelques années l’Observatoire de la Souffrance des Professeurs, espère que ce sondage va créer un électrochoc pour que l’Éducation nationale se donne enfin les moyens de restaurer l’autorité et la dignité du métier d’enseignant.

Accédez au sondage en cliquant ici