Enseignante poignardée à Albi

Communiqué du 4 juillet 2014

Enseignante poignardée à Albi

SOS Éducation s’inquiète de la montée des violences à l’école et demande au gouvernement de redonner aux professeurs le moyen d’assoir leur autorité

Ce matin à Albi, l’école Édouard Herriot, qui accueille 284 enfants en maternelle et en primaire, a été le théâtre d’une agression d’une violence inouïe : une jeune enseignante a été poignardée à mort par la mère d’un élève, devant les enfants de sa classe.

SOS Éducation, association loi 1901 qui œuvre pour une école recentrée sur la transmission des savoirs fondamentaux, condamne cet acte abominable et fait part de son soutien à tous les élèves, parents, et personnels éducatifs touchés par ce drame, ainsi qu’à la famille de la victime.

Malheureusement, cet acte fait écho à une violence endémique sur laquelle SOS Éducation alerte les pouvoirs publics depuis des années. Presque tous les jours, des professeurs sont confrontés à des actes de violence physique venant d’élèves ou de leurs parents. En 2012-2013, pas moins de 1500 dossiers pour violence physique ont été ouverts par la MAIF, le principal assureur des enseignants.

Un récent sondage commandé par SOS Éducation à l’IFOP montre le niveau alarmant d’insécurité en milieu scolaire : dans l’enseignement public, 40% des enseignants disent se faire insulter, presque 10% agresser… 15% des enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leur établissement (ils sont 21% en Ile-de-France) !

Fallait-il attendre cet acte dramatique pour agir ?

SOS Éducation, qui a notamment créé l’Observatoire de la Souffrance des Professeurs en 2009, se mobilise pour proposer des solutions et demande au Ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon de prendre les mesures suivantes :

  • Faire respecter l’autorité des professeurs en leur redonnant les moyens d’asseoir leur autorité

Les enseignants doivent être rétablis dans leur mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes psychologiques et sociaux. Pour asseoir leur autorité, ils doivent disposer des moyens nécessaires ; le droit de donner des « zéros de conduite » et de décider du passage des élèves dans la classe supérieure,…

  • Former les professeurs à l’exercice de l’autorité

Instaurer la discipline dans une classe relève de la pratique. Mais les grands principes doivent être enseignés aux futurs professeurs. L’importance décisive du premier contact avec les élèves, de la tenue du professeur, de son déplacement à travers sa classe, du regard adressé à chaque enfant pendant le cours, peut s’apprendre, de même que les principaux pièges à éviter : crier, chercher à attendrir les élèves ou « copiner » avec eux.

  • Renforcer l’encadrement dans les écoles

La présence d’au moins un surveillant général dans chaque établissement est nécessaire. Sa mission exclusive serait de surveiller les élèves, de contrôler les entrées et les sorties, de prendre en charge les élèves punis et de s’assurer que les sanctions sont effectuées, en lien avec les parents.

  • Exclure un élève violent d’un établissement à la troisième infraction grave au règlement intérieur

S’il est normal que les enfants aient le « droit à l’erreur », aucun élève ne doit pouvoir commettre trois infractions graves dans un établissement scolaire sans être renvoyé.

  • Supprimer la réintégration automatique après exclusion d’un établissement scolaire

L’élève exclu doit accomplir lui-même les démarches pour demander sa réadmission : lettre de motivation, sollicitation d’un entretien auprès des chefs d’établissement. Il faut éviter de lui donner l’impression, comme c’est le cas actuellement, que c’est à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que « son droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs.