Enseignante menacée à Créteil

SOS Éducation invite la victime à porter plainte contre le ministère
Observatoire de la souffrance des professeurs

Enseignante menacée à Créteil : SOS Éducation appelle les enseignants à mettre l’État devant ses responsabilités

SOS Éducation dénonce depuis plus de 10 ans la montée des violences dans les établissements et recommande aux enseignants de s’adresser désormais à la justice pour contraindre le gouvernement à assurer leur sécurité.

Jeudi dernier, le lycée Édouard Branly à Créteil a été le théâtre d’une scène d’une violence inouïe : une enseignante dans sa classe a été longuement menacée par un élève au moyen d’un pistolet, révélé plus tard factice, tandis qu’un de ses camarades filmait la scène.

SOS Éducation, association loi 1901 qui rassemble parents et professeurs œuvrant pour une école recentrée sur la transmission des savoirs fondamentaux, condamne évidemment les auteurs de cette effroyable mise en scène et fais part de son soutien à l’enseignante victime.

Malheureusement, ces agissements font une fois de plus écho à la flambée de violence sur laquelle SOS Éducation alerte en vain les pouvoirs publics depuis des années.

Un sondage commandé par l’association à l’IFOP en 2014 montrait déjà le niveau alarmant d’insécurité en milieu scolaire dans l’enseignement public :

  • 40% des enseignants affirmaient se faire insulter,
  • 10% s’étaient fait agresser…
  • et 21% des enseignants d’Ile-de-France déclaraient ne pas se sentir en sécurité dans leur établissement !

 

Fallait-il encore attendre pour agir ?

Les images de l’agression de Créteil, qui ont suscité l’indignation générale, ont été l’occasion d’une libération de la parole des enseignants au moyen du hashtag #PasDeVague qui dénonce l’absence de soutien de leur hiérarchie. Ce phénomène concerne 40% des enseignants selon notre sondage IFOP.

Ces témoignages parfois insoutenables rejoignent ceux que SOS Éducation a reçus par milliers depuis la création de l’Observatoire de la Souffrance des Professeurs en 2011, et que nous tenons à la disposition du cabinet du ministre.

Suite à cette nouvelle affaire qui aurait pu tourner au drame, SOS Éducation recommande désormais à tous les enseignants :

  • de faire systématiquement un rapport signalant la moindre voie de fait commise en leur présence et soulignant les risques pour leur sécurité personnelle ;
  • sur cette base, d’engager la responsabilité de l’État devant les tribunaux au titre de la violation de son obligation de résultat consistant à assurer la sécurité de ses agents, en cas de nouvelles violences commises par les élèves préalablement mis en cause ;
  • à faire valoir leur droit de retrait le cas échéant.

 

Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, pourra alors notamment prendre les mesures suivantes :

  • restaurer l’autorité des professeurs en leur redonnant les moyens disciplinaires adéquats : le droit de donner des « zéros de conduite », de décider du passage des élèves dans la classe supérieure, d’exclure les élèves perturbateurs de cours… ;
  • renforcer l’encadrement dans les établissements difficiles, en y affectant à des fonctions de surveillance les dizaines de milliers de personnels déchargés de cours et les nombreux sur-effectifs de son administration ;
  • mettre fin à la culture du silence et aux primes attribuées aux chefs d’établissements refusant de convoquer des conseils de discipline ;
  • réviser la composition des conseils de discipline de sorte que les enseignants qui y siègent soient désormais majoritaires ;
  • systématiser l’orientation des élèves exclus pour violence vers des établissements spécialisés.

 

Contact presse : presse@soseducation.org

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