5 sur 20 au bac ... et mention très bien !

5 sur 20 au bac ... et mention très bien !

5 sur 20 au bac … et mention très bien !

En soutien du recours fait par SOS Éducation contre le décret stipulant que tous les redoublants au baccalauréat bénéficieront du maintien de leurs notes supérieures à 10 pendant 5 ans pour retenter leur chance, l’association qui rassemble 60 000 parents et professeurs dépose une pétition auprès du Conseil d’État.

Par le décret n° 2015-1351 du 26 octobre 2015, tous les redoublants au baccalauréat pourront conserver leurs notes supérieures à 10 pour retenter l’examen de l’année d’après et durant les cinq années suivantes. SOS Éducation a très rapidement déposé un recours auprès du Conseil d’État contre cette mesure qui attente au principe même de l’examen du baccalauréat.

Jugé recevable par le Conseil d’Etat puis transmis au ministère de l’Éducation nationale, le dit recours n’a reçu qu’une réponse vague du ministère le 11 mars 2016. Ce recours doit à présent être examiné par le Conseil d’État. Il y a urgence, dans la mesure où les résultats du baccalauréat seront publiés demain.

Pour accélérer cet examen, SOS Éducation a lancé une pétition à l’attention de Monsieur Jean-Marc Sauvé, Vice-président du conseil d’État, qui a remporté un vif succès.

À la veille des résultats du Bac 2016, des milliers de pétitions ont ainsi été déposées auprès du Conseil d’État ce lundi 4 juillet 2016 par des militants de SOS Éducation.

 

Le travail, une fois de plus, dévalorisé

En 2015, il y a eu seulement 40 000 jeunes recalés au baccalauréat en France. En conservant leurs notes comprises entre 10 et 20 la réforme voudrait qu’ils ne repassent que les matières qu’ils ont ratées, et leur ouvre la possibilité d’accéder à une mention ! Il y a là une rupture manifeste de l’équité entre les candidats, puisqu’un lauréat admis du premier coup sans mention se trouvera déconsidéré par rapport à un candidat ayant obtenu une mention au bout de 2, 3, 4 voire même 5 tentatives.

Le niveau du bac a déjà considérablement pâti de la politique égalitariste des dernières décennies. À quoi correspondra-t-il demain, si un candidat recalé avec 5/20 de moyenne peut finalement être reçu avec mention ? Le niveau dramatique de l’échec universitaire (70% des étudiants échouent à obtenir leur licence en trois ans) appellerait au contraire un renforcement du niveau d’exigence du baccalauréat.

 

Un absentéisme grandissant

En ne devant présenter que certaines disciplines à l’examen, les élèves redoublants auront des emplois du temps beaucoup plus légers que les autres et donc tendance à ne pas suivre l’ensemble des cours. Sachant que l’absentéisme scolaire touche en moyenne en France 4,6 % des élèves de lycée d’enseignement général et technologique et 11,5 % des élèves de lycée professionnel (selon le site de l’Éducation nationale) la nouvelle réforme ne fera qu’amplifier ce phénomène. Il est légitime de se demander alors ce que feront concrètement ces élèves.

C’est pourquoi SOS Éducation qui milite depuis 2001 en toute indépendance pour que l’école transmette à chaque enfant les savoirs fondamentaux et le goût de l’excellence, a déposé des milliers de pétitions devant le Conseil d’Etat afin qu’il examine au plus vite le recours de l’association contre ce décret.

Contact presse :
Stéphanie Baz, Responsable des relations avec les médias
stephaniebaz@soseducation.org, 01 45 81 94 17

1 Réponse

  1. PENIN Francis

    Depuis mon entrée dans le métier de professeur, en septembre 1969 et jusqu’à mon départ à la retraite en juillet 2000, j’ai vu le délabrement de l’institution de l’enseignement public (commencé vers 1960) se poursuivre inexorablement. Et je sais que cela continue alors que je suis retraité depuis seize ans.
    Quel qu’ait été le parti au pouvoir tout au long de ces trente et une années d’enseignement, j’ai vu l’appauvrissement de la culture acquise par de nombreux élèves. La volonté de constituer des classes hétérogènes est pour beaucoup dans cette catastrophe. Loin de voir les meilleurs élèves servir de « locomotive » pour les plus faibles, ce sont les élèves les plus faibles et les plus perturbateurs qui ont servi de frein à l’encontre des meilleurs. Les sanctions ont disparu et cela a conduit les jeunes professeurs, impuissants à maintenir le calme, l’attention, la concentration, à faire leurs cours dans le brouhaha, en haussant les épaules. Alors que j’étais dans ma dernière année d’enseignement (j’avais 60 ans), un jour que je réclamais énergiquement le silence dans une classe de première technique, un élève me dit innocemment, avec un accent de sincérité désarmant, « Mais, monsieur, les autres professeurs nous laissent parler pendant leurs cours… » Je fus abasourdi, mais n’en réclamai pas moins le silence, que j’obtins, mais cela n’allait pas de soi ! Je devais sans cesse me gendarmer, ralentissant ainsi mon rythme habituel. Je suis entré au CP à 5 ans en 1945 : dès le premier jour j’appris à me taire en classe et à écouter attentivement le maître. Il faut à tout prix revenir à cela. Je n’ai jamais interdit à mes élèves de lever le doigt pour me demander la parole !