Apprendre à lire tout au long de la scolarité : une fausse solution

Apprendre à lire tout au long de la scolarité : une fausse solution

Apprendre à lire tout au long de la scolarité : une fausse solution

Pour soi-disant lutter contre l’illettrisme, des « experts » veulent étalonner l’apprentissage de la lecture jusqu’au collège.

SOS Éducation se réjouit des 47 recommandations formulées par des experts du CNESCO (Conseil national d’évaluation du système scolaire) et de l’Institut français de l’Éducation afin de lutter contre l’illettrisme. Parmi elles, l’augmentation des exercices de lecture et d’écriture, les exercices de lecture à haute voix et les efforts d’identification des troubles de l’apprentissage. Nous regrettons cependant une des mesures avancées et largement reprise par la presse : celle de poursuivre l’enseignement de la lecture au-delà du CP, tout au long de la scolarité et si besoin jusqu’au collège. Pour SOS Éducation, cette proposition visant à lutter contre les inégalités n’aura qu’un effet contraire sur le long terme et pour plusieurs raisons.

La lecture est la mère de tous les savoirs

L’apprentissage de la lecture est la clé de voûte de la réussite scolaire d’un enfant. En France, l’acquisition de la lecture se fait théoriquement en CP. Or le constat actuel est alarmant : dans notre pays, un enfant sur 5 ne sait pas lire à la fin du CP et 20 % des enfants sont en situation d’illettrisme à l’entrée en 6e. Ces chiffres, que SOS Éducation déplore depuis des années, sont partagés par les experts du CNESCO. C’est pourtant de la lecture que découle tout le reste puisqu’il faut savoir lire pour comprendre un problème de mathématiques ou de physique, pour acquérir les premières connaissances historiques, géographiques… Permettre de faire durer l’apprentissage de la lecture est un leurre puisqu’un enfant qui ne sait pas lire ne pourra pas comprendre le reste des enseignements prodigués. C’est une fausse solution.

Le test de déchiffrage : une vraie solution permettant l’identification du problème

Dans l’étude parue en juin 2015, « Illettrisme à l’école », SOS Éducation propose, outre des mesures régulières d’augmentation de dictées ou d’heures de français, la solution d’instaurer un test de déchiffrage à la fin du CP. Cette simple démarche permettrait d’identifier le plus tôt possible les premières difficultés de l’élève et d’y remédier. L’ambition de SOS Éducation est simple : empêcher qu’un seul élève soit laissé pour compte.

Le rôle primordial des enseignants : SOS Éducation demande des formations pour les aider

Le rôle de l’enseignant dans l’apprentissage de la lecture est primordial. La transmission de ce savoir fondamental n’est pas chose aisée. Aussi, SOS Éducation propose que tous les enseignants puissent bénéficier d’une formation spécifique à l’apprentissage de la lecture et que dans chaque établissement soit identifié un « référent lecture » qui serait ainsi comptable des résultats obtenus dans chacune des classes de CP.

 

SOS Éducation est la principale association indépendante rassemblant plus de 60 000 parents d’élèves et professeurs pour que l’école transmette à chaque enfant les savoirs fondamentaux et le goût de l’excellence.

Contact presse :
Stéphanie Baz, Responsable des relations avec les médias
stephaniebaz@soseducation.org, 01 45 81 94 17