Nicolas Sarkozy

Le Grand oral de SOS Éducation

Nicolas Sarkozy

SOS Éducation a eu le privilège d’interroger Nicolas Sarkozy, ancien président de la République et candidat à la primaire de la droite et du centre.

Sans détours, Nicolas Sarkozy a bien voulu répondre par écrit à toutes nos questions en matière d’éducation : comment lutter efficacement contre l’illettrisme ? Comment instaurer l’autonomie des établissements scolaires ?

Pour découvrir ses engagements en matière d’éducation, nous vous invitons à lire la longue interview qu’il a accordée ci-dessous à SOS Éducation :

SOS Éducation : Durant votre précédent quinquennat, vous avez ouvert un nombre important de chantiers ambitieux concernant le primaire et secondaire : les nouveaux programmes de 2008, la réforme du lycée, les évaluations de CE2, les internats d’excellence… Pour autant, le niveau scolaire des élèves n’a cessé de baisser, les carrières professorales n’ont pas retrouvé d’attractivité ; quels enseignements en avez-vous tiré?

Nicolas Sarkozy : Le temps de l’éducation est un temps long et les réformes que nous avons engagées et que vous citez étaient ambitieuses. Nous étions sur la bonne voie et par conséquent nous y reviendrons, car la ligne de conduite du quinquennat Hollande a été de casser sans discernement. L’idéologie dogmatique a pris le pas avec une succession frénétique de ministres. Certes, nous étions perfectibles mais de nombreux dispositifs, défiscalisation des heures supplémentaires et internats d’excellence par exemple avaient porté leurs fruits.

SOS Éducation : Avec la loi sur l’autonomie des universités, vous avez considérablement réformé l’enseignement supérieur ; quel bilan tirez-vous de cette loi a posteriori ? Regrettez-vous par exemple d’avoir renoncé à y introduire la notion de sélection que vous défendez à présent ?

Nicolas Sarkozy : Nous avons réussi à déverrouiller un système complètement cadenassé, dont tous les observateurs disaient qu’il n’était pas réformable. François Fillon a eu raison de dire que c’était l’une des lois les plus importantes du quinquennat. Mais la réforme n’était qu’une première étape. Je souhaite donc une relance ambitieuse de ce processus, un acte II de l’autonomie. Il portera notamment sur l’élargissement des attributions universités en matière de droits d’inscription. Les Universités doivent pourront accroitre leurs ressources par une modulation des droits d’inscription, en contrepartie de meilleurs services rendus aux étudiants. Les universités doivent aussi pouvoir mieux accueillir été donc mieux sélectionner étudiants. Car ne nous y trompons pas la sélection existe déjà. Dans le meilleur des cas elle se fait par le mérite (par les concours et les filières précisément dites sélectives) et dans le pire des cas par l’échec massif en licence à L’université. Contrairement à une idée reçue une sélection transparente c’est l’intérêt des étudiants. Je souhaite également créer un incubateur de start-up dans chaque Université.

SOS Éducation : Quelle est pour vous la juste place de l’État en matière éducative ? Au-delà de son rôle de régulation, l’État doit-il par exemple évaluer lui-même la performance des établissements ? Doit-il conserver un monopole, ou un quasi-monopole, de l’offre scolaire ?

Nicolas Sarkozy : Ce qui est certain c’est que le système actuel hyper centralisé, est inefficace et coûteux. Nous avons besoin de respirer, de liberté, d’initiative et d’autonomie. Mais je suis aussi attaché au caractère « national » de l’éducation. Par conséquent, l’Etat ne doit pas abdiquer ses responsabilités (définition des programmes, des résultats attendus, collection des grades et diplômes, gestion des corps de fonctionnaires). Le nouvel équilibre reposera sur une déconcentration importante qui fera du rectorat, le centre de gravité des décisions en matière scolaire. C’est au plus près que l’on décide le mieux. Les recteurs dans leurs régions-académies garantiront le rôle de l’Etat. Pour le reste, il faut quitter la rue de Grenelle et de ce point de vue, l’évaluation indépendante et non pas celle de l’entre soi offrira un véritable indicateur objectif. L’offre scolaire doit être ouverte à ce qui fonctionne bien ainsi qu’aux expérimentations positives.

SOS Éducation : Une inégalité majeure dans le système actuel tient à la carte scolaire, qui oblige les habitants des quartiers défavorisés à envoyer leurs enfants dans des établissements-ghettos. Pensez-vous donner aux familles le choix de l’établissement de leurs enfants ?

Nicolas Sarkozy : C’est ce que nous avions commencé à faire et que là aussi les socialistes ont interrompu. Nous redonnerons donc de la liberté, en veillant à éviter les effets non désirables que vous mentionnez. Ce peut être par exemple en fondant les décisions d’affectation sur des critères précis et priorisés. La solution ce n’est pas d’enfermer les gens dans des établissements qui ne répondent pas à leurs attentes mais bien d’avoir une offre éducative de qualité sur tout le territoire. Plus encore dans les établissements en difficulté de recrutement il ne faut pas supprimer ce qui marche et qui attire les bons élèves. De ce point de vue, le recul des disciplines orchestré dans le cadre de la réforme du collège et la suppression de facto du latin, du grec, des classe bilangues et sections internationales est une erreur majeure sur laquelle nous reviendrons.

SOS Éducation : Quel est, à titre personnel, votre meilleur souvenir d’école ?

Nicolas Sarkozy : À chaque fois qu’un professeur m’a donné le goût de la matière qu’il enseignait avec passion, qu’il m’a conduit à apprendre, le goût de l’exigence. Le bonheur vient de l’épreuve dépassée, pas de l’épreuve évitée. Nous avons tous ce genre de souvenir. L’école, ce sont aussi des leçons pour la vie.

 

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2 Réponses

  1. pierski

    interview très politiquement correcte. BFM n’aurait pas fait mieux. Je suis surpris de n’avoir rien trouvé sur les 80000 postes supprimés ou sur ses propos répétés et assumés au sujet des fonctionnaires en général, des enseignants en particulier.
    Bref, Monsieur Sarkozy est très content de lui, regrette juste de n’avoir pas effectué un second quinquennat pour poursuivre son oeuvre d’excellence et espère juste en avoir l’occasion prochainement.
    What else?

  2. peter isabelle

    Bonjour,
    Bravo pour les lycées d excellence, bravo pour l annulation des cartes scolaires, etc….
    Mais n oubliez pas les parents dans tout cela !
    ils sont là pour éduquer leurs enfants et l école est là pour instruire les enfants !
    j ai déjà fait une remarque à ce sujet à sos education.
    meilleures salutations
    isabelle