Bruno Le Maire

Le Grand oral de SOS Éducation
Bruno Le Maire - Le Grand oral de SOS Éducation

Bruno Le Maire

SOS Éducation a eu le privilège d’interroger Bruno Le Maire, ancien ministre, député et candidat à la primaire de la droite et du centre.

Sans détours, Bruno Le Maire, a bien voulu répondre par écrit à toutes nos questions en matière d’éducation : comment lutter efficacement contre l’illettrisme ? Comment instaurer l’autonomie des établissements scolaires ?

Pour découvrir ses engagements en matière d’éducation, nous vous invitons à lire son interview ci-dessous : 

SOS Éducation : notre association se félicite de votre engagement en faveur de l’autonomie des établissements. Pouvez-vous préciser quelles modifications du financement du système éducatif cela doit entraîner ? En d’autres termes, envisagez-vous cette autonomie y compris dans sa dimension financière, par exemple en finançant les établissements à proportion du nombre et du type d’élèves accueillis ?

Derrière l’autonomie des établissements, je mets deux choses : libérer l’énergie et le talent des professeurs et des équipes de direction afin d’adapter l’offre éducative aux besoins des élèves ; pour ce faire, il faut déverrouiller la mainmise de la « rue de Grenelle » et des pseudos pédagogues sur les établissements. Cela passe nécessairement par une meilleure gestion, tant le système actuel est déresponsabilisant et prive les acteurs locaux des moyens d’agir. L’autonomie financière des établissements est un chantier lourd car elle remet en question toute la structure du système éducatif français. Cette réforme ne peut donc pas être improvisée et doit s’inscrire dans la continuité d’une réforme que je mettrai en place dès la rentrée 2018 : l’autonomie pédagogique des établissements, c’est-à-dire leur liberté de recrutement, d’évaluation et d’organisation d’une part importante des cours. Dès que cette réforme sera en place, il faudra effectivement aller vers une vraie gestion déconcentrée des écoles et des établissements, ce qui passe par la redéfinition de ce qu’est un établissement, dans quelle chaîne il s’inscrit et à quelles conditions de taille et de ressources il peut être autonome.

SOS Éducation : votre programme est profondément réformateur, mais à périmètre institutionnel (relativement) constant. Il souligne à bon droit que le rôle de l’État est dans le pilotage et la régulation du système scolaire, mais ne semble pas aller jusqu’à envisager une diversification de l’offre éducative. Or l’État est-il fondé à détenir le quasi-monopole de cette offre ? Ou bien est-il envisageable d’aller jusqu’au financement d’établissements hors contrat remplissant de fait une mission d’éducation de service public (par ex. les établissements Espérance Banlieues) ?

Je connais bien la fondation espérance banlieues et me suis d’ailleurs rendu le 4 octobre au cours Saint-Exupéry à Asnières. Je ne peux qu’approuver leur volonté de développer des écoles en plein cœur des cités sensibles et qui soient adaptées à la spécificité des défis éducatifs de ces territoires.

Je retiens que c’est une voie possible pour l’enseignement public. C’est pourquoi le contrat présidentiel que nous proposons aux Français en matière éducative doit permettre une révolution éducative à l’intérieur de l’éducation nationale. Nous voulons une scolarité fondée sur les besoins des élèves, sur l’acquisition des fondamentaux et en particulier la maîtrise de la langue française. La plus grande liberté laissée aux acteurs locaux doit permettre d’atteindre ces objectifs. En leur accordant une réelle autonomie, comme je le propose, les équipes pourront inventer des solutions sur mesure, s’adapter aux réalités de chaque ville et de chaque élève. C’est à cette condition que notre École sortira du carcan de l’égalitarisme forcené qui empêche une initiative comme « espérance banlieues » de bénéficier des avantages du statut contractuel.

Entendons-nous, chacun est libre de fonder une école hors contrat et nous défendons la liberté scolaire même si nous veillerons à ce que ces établissements ne contribuent pas au repli communautaire et respectent les valeurs de la République.

 

SOS Éducation : vous soulignez le lien entre l’idée d’autonomie et celle de responsabilité. Comment mettre en place une évaluation transparente de la performance des établissements et de l’ensemble du système éducatif ? La DEPP doit-elle rester dans le giron de l’Éducation nationale ?

Le problème de l’École ne réside pas dans l’indépendance ou non de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance qui doit se concentrer sur la consolidation des données. Les problèmes de l’École sont connus (20% des élèves ne savent pas lire et compter à l’entrée en 6e) et les méthodes pour les résoudre ne sont ignorées de personne. Ce qui manque à l’Éducation nationale c’est une volonté politique. Je veux l’incarner.

L’évaluation permanente du système éducatif est au cœur de mon programme. Il n’existe pas de service public moderne et efficace qui ne rende pas des comptes régulièrement aux citoyens. Souvenons-nous de l’article 15 de la Déclaration des droits de l’Homme : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » Nous voulons  en faire une réalité palpable pour nos concitoyens. Des évaluations nationales à la fin du CP, en CE2 et en 6e mesureront l’acquisition par les élèves des fondamentaux, ma grande priorité pour l’école. Ces évaluations seront rendues publiques et les écoles ou établissements devront proposer des stratégies pédagogiques pour les améliorer.

 

Que proposent les autres candidats pour l’Éducation ?
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5 Réponses

  1. RICARD

    Bonjour,
    Je me pose souvent une question que je n’entend jamais posée aux différents candidats de la « primaire de la droite et du centre ».
    Que front-ils lorsqu’ils auront les militants de l’UNEF, les nervis de la CGT, et autres associations dans la rue?
    Tout cela ne demande-t-il pas quelques mesures préliminaires?

  2. Plein de choses positives que je ne cesse de proposer pour avoir, non pas une sélection insensée type classe prépa, mais une sélection choisie et acceptée par les élèves, pour redonner ainsi le goût de la pédagogie aux enseignants.
    Attention à veiller comme le lait sur le feu aux pseudo-bonnes-idées mises en place à la Villeneuve de Grenoble dans les années 70, et qui ont abouti à l’inverse des objectifs proposés, quand les pédagogistes de l’époque, qui croyaient à leur utopie, ont abandonné le terrain…
    Attention, comme le dit Bruno Le Maire au risque communautaire.

  3. Et si nous commencions par lire ou relire Céline Alvarez et son livre: « Les lois naturelles de l’enfant ».
    Peut-être aurions nous la conviction fondamentale qu’il y beaucoup et autrement à faire dans l’Instruction Publique et non pas dans l’Education Nationale?
    Salutations. Jacques Brillot né en 1925 et bac+5 grâce à l’école communale Victor-Hugo d’Aubervilliers.