Alain Juppé

Le Grand oral de SOS Éducation
Alain Juppé - Le Grand oral de SOS Éducation

Alain Juppé

SOS Éducation a eu le privilège d’interroger Alain Juppé, ancien premier ministre, candidat à la primaire de la droite et du centre.

Sans détours, Alain Juppé a bien voulu répondre par écrit à toutes nos questions en matière d’éducation : comment lutter efficacement contre l’illettrisme ? Comment instaurer l’autonomie des établissements scolaires ?

Pour découvrir ses engagements en matière d’éducation, nous vous invitons à lire la longue interview qu’il a accordée ci-dessous à SOS Éducation :

SOS Éducation : Dans votre livre « Mes chemins pour l’école » vous évoquez la nécessité d’une évaluation des connaissances fondamentales. Comment la mettre en place et la rendre transparente ?

Alain Juppé : L’évaluation des résultats est une exigence pour permettre le pilotage de toute institution. Elle doit concerner, au sein du système éducatif, les résultats de l’élève, de l’établissement…mais aussi des politiques elles-mêmes, qui s’enchaînent souvent sans qu’aucune estimation sérieuse des résultats de la réforme précédente n’ait été menée. Je compte sur ce dernier point créer une agence nationale de l’évaluation, indépendante, qui sera en charge de mener des études sur des cohortes d’élèves et de publier les résultats enregistrés. Revenons sur l’élève : son évaluation doit être une constante tout au long des cycles d’enseignement. C’est elle qui permet l’individualisation de l’accompagnement pédagogique : concentrer l’apprentissage sur les points fondamentaux non maîtrisés, ou aller plus loin sur d’autres enseignements, en fonction des aptitudes et des résultats, ce que permettra la plus grande souplesse de fonctionnement des établissements. Une partie de cette évaluation pourra être automatisée. Mais une partie seulement, car le but est précisément de libérer du temps de l’enseignant pour lui permettre les diagnostics plus fins, l’individualisation de son approche de l’élève, selon les besoins constatés. Si des outils nationaux d’évaluation (où le numérique aura toute sa place) sont nécessaires, rien ne remplacera l’enseignant, son expertise et sa capacité, en tant que professionnel de l’enseignement, à traiter cette question. J’ajoute que si des batteries de tests, peut-être demain des correcteurs partiels de copies, sont susceptibles de seconder l’enseignant, nous devons également ne pas oublier les fonctions essentielles de l’évaluation : repérer la performance et les faiblesses, permettre une réponse pédagogique adaptée, et valider, en fin de cycle, la bonne maîtrise des fondamentaux nécessaires pour le passage au cycle suivant. La « course aux tests », qui a pu être observée parfois dans certains pays ayant tenté de normaliser leur évaluation, est contre-productive : l’évaluation est de mon point de vue un outil, pas une fin en soi.

SOS Éducation : Vous vous positionnez en faveur d’une plus grande autonomie pour les établissements scolaires. Envisagez-vous cette autonomie du point de vue du recrutement, de la formation et de l’évaluation des enseignants ?

Alain Juppé : Le statut de l’enseignant en tant que membre de la fonction publique est une garantie. Les équipes pédagogiques établissements autonomes pourront avoir recours plus souvent aux postes à exigences particulières pour recruter, au sein du corps des enseignants titulaires, ayant donc passé le concours, une partie de leurs futurs collègues. Je souhaite que 20 % des futurs recrutements puissent s’opérer ainsi. Un enseignant en poste pourra donc postuler à une offre publiée nationalement par un établissement, évaluer sa correspondance aux attentes, et se présenter devant le Conseil Educatif d’Etablissement pour exposer sa perception du poste. Cette humanisation est également un gage d’efficacité et de clarté pour les équipes pédagogiques qui développent un projet d’établissement : difficile de construire quand 100% des mutations sont gérées par un système informatique. L’autonomie des équipes, c’est bien sûr la capacité à développer une réflexion constante sur l’évaluation. A long terme, un rapport critique à ses propres pratiques est la clé de la performance professionnelle (ce qui ne remplace naturellement pas la mesure externe de la performance d’un établissement). La capacité à conduire ce travail régulier pour affiner l’évaluation et en déduire les réponses éducatives à apporter nécessite une formation continue, aujourd’hui à peu près absente du système éducatif français. Les échanges de pratiques au sein de bassins locaux sont une réponse réaliste et efficace que je souhaite développer, tout en invitant les spécialistes reconnus au sein d’une offre de modules de formation en ligne de très haute qualité.

SOS Éducation : En détaillant votre programme éducatif, votre porte-parole a annoncé des éventuelles suppressions de postes dans l’Éducation Nationale ? Concernent-elles les professeurs ou les 220 000 personnels non-enseignants ? Comment comptez-vous en même temps augmenter la qualité du système éducatif ?

Alain Juppé : La nécessité absolue de réduire les effectifs de la fonction publique nécessite un exercice de responsabilité partagée. La préservation des effectifs enseignants ainsi que mon objectif affiché d’amélioration du nombre d’élèves dans les classes de maternelle et de CP nécessitera d’envisager, dans la durée, un allégement des grilles horaires des élèves en collège et lycée, qui sont particulièrement lourdes en France sans que cela ne se traduise aucunement par une amélioration des résultats scolaires. Ce lissage dans la durée, en jouant essentiellement sur le non remplacement des départs, se fera donc sans dégrader aucunement les conditions d’enseignement et le nombre d’élèves par classes dans le second degré. Par ailleurs, des gains seront effectués au sein des effectifs administratifs.

La qualité du système éducatif tient profondément à la qualité des enseignants et à la réactivité du système. Son centralisme, son uniformité et sa difficulté à encourager l’innovation évaluée sont aujourd’hui le principal frein à l’amélioration de l’égalité des chances et des résultats de tous les élèves. Une réforme supplémentaire des programmes, un saupoudrage d’un ou deux milliards d’euros supplémentaires ne changerait rien à cette situation. C’est pourquoi je veux opérer une réforme dans la durée de notre éducation nationale, qui passe par une plus grande responsabilité donnée aux équipes, une revalorisation salariale dans le premier degré, un accent mis sur les premières années de scolarisation, une refonte de la formation des enseignants et de l’orientation et du suivi des élèves en particulier. C’est sur ces leviers qu’il nous faut jouer pour refaire de l’école un lieu de réussite et de progression de tous.

SOS Éducation : Quel est votre avis sur les écoles hors-contrat ? Jusqu’où êtes-vous prêt à aller en termes de liberté scolaire ? Envisagez-vous par exemple d’abroger la carte scolaire ?

Alain Juppé : Il s’agit de questions bien différentes. Ne ravivons pas la guerre des écoles, désormais bien éteinte. La grande majorité des écoles hors-contrat sont a-confessionnelles, et ont pu, pour beaucoup, être des laboratoires de pédagogies nouvelles qui sont regardées avec intérêt. L’évaluation, et les inspections, sont menés activement pour s’assurer que ces écoles remplissent bien leurs obligations prévues dans deux articles précis du code de l’éducation : « l’acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique », et « la capacité pour chaque élève de développer sa personnalité, son sens moral et son esprit critique, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, de partager les valeurs de la République et d’exercer sa citoyenneté ». Je serai naturellement vigilant sur l’usage détourné qui pourrait être fait de certains enseignements à des fins de propagande, confessionnelle ou autre, et la fermeture des établissements est toujours possible. Mais encore une fois, ne caricaturons pas le débat, et regardons l’immense majorité de ces établissements.

La modification ou la suppression de la carte scolaire ne peut être envisagée qu’à partir du moment où une majorité d’établissements au entamé une réelle démarche de projets autonomes : elle n’est pas un préalable, mais une conséquence logique de la déconcentration de l’éducation.

SOS Éducation : Quelles seront les principaux freins à une réforme d’ampleur de l’Éducation nationale et comment considérez-vous le dialogue avec les syndicats enseignants ?

Alain Juppé : Je perçois bien sûr de légitimes inquiétudes sur l’autonomie des équipes, sur la perte graduelle de la capacité de concentration des enfants, sur la montée de risques nouveaux. Je rencontre de nombreux enseignants, au cours de mes déplacements, de mes réunions publiques. Je ressens un besoin de renouveau, de ré-invention du métier, après tant de réformes sans lendemain. Et je suis impressionné par le savoir-faire, par la détermination de nombreux professeurs, qui jour après jour développent leurs pratiques, maintiennent un haut niveau d’exigence, et assurent à notre système une efficacité « par la base » qui ne doit que peu aux grandes visions ministérielles. Cette efficacité, cette exigence, qui pourrait finir par devenir clandestine, je veux la reconnaître, l’encourager, et faire la preuve, par l’évaluation, de la capacité des équipes pédagogiques à inventer un nouveau système éducatif au plus grand bénéfice de nos enfants.

 

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18 Réponses

  1. FLEUR

    Je ne voie rien sur la profonde et nécessaire refonte des programmes fortement « intox cités » par l’idéologie très « orientée » actuelle et pourtant INDISPENSABLE ! si l’on veux vraiment se débarrasser de l’influence des pédagogues tout puissants et malfaisants

  2. C de Vanssay

    Beaucoup trop de prudence, notamment sur la gestion des fonctionnaires
    Pour « casser le mammouth » on pourrait par exemple transférer PROGRESSIVEMENT aux régions le principal pouvoir tant sur les enseignants que sur les organisations, et pour cela :
    – réduire le rôle de l’Education Nationale à ses missions régaliennes i.e. à quelques fondamentaux : programmes (en collaboration avec les régions), mutations des enseignants entre régions, enseignement des principes de pédagogie aux professeurs, bourses nationales, cahiers de questions ou Quizz de contrôle pour les grands examens ,(Bac, BEPC), , critères de sélection et/ou concours pour les enseignants, gestion des professeurs détachés à l’étranger, évaluation nationale des résultats et classement international…
    – transférer petit à petit sur la base du volontariat (avantage financier aidant) les enseignants aux régions et recruter les nouveaux enseignants sur des contrats privés, la région se chargeant de leur rémunération, de leur recrutement, de leur avancement au mérite et de leur évaluation annuelle …
    – gérer au niveau des régions tout ce qui a trait à la gestion des écoles, collèges, lycées et facultés, tant en ce qui concerne le patrimoine que l’administration, les horaires, l’organisation des études, les congés scolaires adaptés aux régions, la restauration, le matériel de cours, etc…
    Mais certaines de ces idées sont parfois en germe chez les candidats.

  3. yves Doran

    A la lecture de ces propos et propositions, on voit là aussi qu’Alain Juppé est très loin des réalités de l’éducation nationale. La bureaucratie, le centralisme, l’absence d’une réelle autonomie des établissements, et des chefs d’établissements. Particulièrement oubliée, l’idéologie qui détruit depuis des années l’EN et surtout l’instruction des enfants. La formation professionnelle qui doit devenir une priorité est mentionnée au passage sans en souligner l’importance. Alain Juppé montre dans ce domaine comme dans bien d’autres , qu’il reste un technocrate loin des réalités et surtout inconscient de l’état dans lequel se trouve le dernier Kombinat soviétique représenté par le ministère de l’EN . Beaucoup de mots creux sans consistance aucune ..ce n’est pas avec lui que nous allons reconstruire l’avenir de nos enfants et celui du pays

  4. antoinette GAMESS

    Les parents ne doivent pas rester à la porte des écoles. ils ont besoin de savoir comment un enfant devient un élève, puis, un citoyen à travers un cursus scolaire où il joue pleinement son rôle, en comprenant ce qui est construit à l’école avec les enseignants, les parents, le public. L’école est un lieu où la société se construit.
    Une ancienne enseignante en maternelle et primaire.

  5. Gérard Pélissier

    Stéphanie Baz, vous avez posé cinq bonnes questions avec des réponses dont le contenu pédagogique reste intéressant mais je n’ai rien observé sur la lutte à mener contre la propagande politique essaimée par le personnel enseignant en direction de ses élèves. Pour moi, c’est une difficulté majeure qui demande un engagement ferme.
    En second lieu, je m’attendais à ce que les « autres candidats » dépassent le cercle restreint que vous nous proposez au point d’imaginer que votre sélection concernerait un lot déjà acquis au clan Juppé.
    Merci de m’avoir ouvert les yeux. je continuerai cependant à lire vos articles mais j’appartiens au clan de Marine et par extension à celui de Trump. Quant à Mr Juppé , je paierai à regrets 2 € pour aller déposer mon bulletin dans des Primaires qui ne feront jamais partie de ma tasse de thé et voter pour Sarkozy que j’exècre mais qui est le seul candidat que Marine puisse battre…Juppé est donc pour moi un ennemi à éliminer par tout moyen.

  6. Nom*

    Un « allégement des grilles horaires », est-ce à dire que les collégiens devront encore plus galoper dans les programmes qu’ils ne le font déjà, avoir encore moins d’heures de français ou de cours EN français et propres à les aider à enrichir leur vocabulaire qu’ils n’en ont actuellement ?

    Je suis d’avis que, quand les élèves n’y arrivent pas, il leur faut non pas plus de contenus programmatiques, mais plus d’heures pour faire les mêmes programmes – voire plus d’heures pour faire des programmes allégés de tout ce qui n’est pas essentiel.
    Et, pour gommer les inégalités sociales, ce n’est pas moins d’école mais PLUS d’école q u’il faut !

  7. Carmaux

    Le stagiaire qui a fait un copié collé du programme de Juppé pour essayer de répondre aux questions aurait pu prendre la peine de se relire.

    Cela aurait pu permettre de rendre le texte à peu près lisible.

  8. merlin

    C’est ce que je crains avec un homme de cet âge ! Où est le souffle, où est l’ambition, où est la vision ? Monsieur Juppé se propose d’ajouter quelques petites touches à l’éducation nationale à une époque où le numérique est en train de changer le monde de fond en comble !
    Je ne vois pas la décentralisation profonde, la responsabilité et la mise en concurrence des établissements, l’utilisation généralisée (si les établissements décentralisés l’envisagent) des outils numériques, l’enseignement obligatoire de l’anglais dès la maternelle afin de faire de nos enfants des enfants bilingues dès 15 ans (comme les chinois, les coréens et les peuples de maints pays).
    Notre pays va rester à la traîne et va même surtout régresser avec un tel programme. Il serait temps que nos présidents soient rompus à l’utilisation des ordinateurs (smartphones, ipads, laptops), d’internet et des divers services ? Vous rendez vous compte que sur nos 3 derniers présidents et celui à venir, aucun ne parle bien l’anglais (Chirac oui !) et aucun n’a jamais utilisé un ordinateur ou internet ? C’est lamentable !!
    Je suis convaincu qu’avec les sites éducationnels actuels, un enfant de 5 ans sera capable de passer le bac haut la main à l’âge de 12 ans, tout en étant bilingue anglais et en maîtrisant parfaitement l’informatique et ses progrès constants !
    Le programme de Monsieur Juppé (et des autres ?) est consternant !

  9. marie claude

    bien d’accord avec les autres commentaires .langue de bois, discours politico-corrects pas d’ambition dans un système éducatif tiré vers le bas par le dernier kombinat soviétique (bien vu!!!) pas de vagues …..nous l’avons une fois de plus constaté avec l’expérimentation de cette jeune femme dont je ne me souviens plus du nom ,résutats remarquables tues dans l’oeuf par l’EN, monsieur JUPPé vous êtes trop « mou » je crois que
    plus d’enseignants que nous l imaginons attendent celui qui redonnera l’envie d’instruire d’eveiller de passionner nos enfants avec de bonnes méthodes!!!! et de la rigueur ;
    comme le propose « merlin » décentralisons , les régions se feront un plaisir d’amener leurs enfants à l ‘excellence
    intellectuelle et aussi professionnelle

  10. Nom*

    Si j’ai bien compris, mais peut on comprendre un « Enarque » Juppé ne serait pas contre la création d’une école coranique adossée à chaque mosquée!
    et il demande de voter pour lui! serait il pire que Trump?

  11. René ROPION

    Un programme timide , ou prudent , selon le degré de sympathie qu’on éprouve pour Alain Juppé . Prudent , car une réforme trop radicale du système provoquerait plus de dégâts qu’elle n’apporterait d’avantages : celles qui heurteraient de front le corps enseignant n’auraient aucune chance d’aboutir; on l’a vu avec Claude Allègre . Timide car il n’ose pas s’attaquer à certains tabous comme le collège unique . Supprimer des postes , c’est une nécessité , à condition de réduire prioritairement et fortement le nombre des non-enseignants et de tous ceux qui ne sont pas en contact direct avec les élèves (administration , orientation , inspection notamment ) . Réduire la grille horaire des élèves peut se justifier mais à condition de ne pas toucher aux enseignements fondamentaux (français , mathématiques et langues vivantes ) , ou bien alors de compenser par une réduction concomitante de la durée des petites vacances , de Toussaint et de février , où une semaine serait suffisante . Déléguer plus de responsabilités aux régions dans la gestion des personnels est politiquement habile , mais créera des inégalités entre les académies « attractives » et celles qui ne le sont pas (Ile de France ou Hauts de France) qui précisément concentrent les publics les plus difficiles.

  12. Clausse

    Je suis violemment contre le pouvoir accru des chefs d’établissement.
    J’en ai connu beaucoup, et beaucoup de personnes estimables, qualifiées et consciencieuses.
    Mais des milliers ne sont que des ratés dont l’intelligence se réduit à une haine jalouse envers les profs.
    Leurs échecs scolaires (sans parler de l’université, qui leur est inconnue), les a conduits à haïr les profs, les diplômes, la culture, l’ESPRIT, crime des plus graves.
    Ils sont très nocifs, détruisent l’enseignement, et il est bien difficile de reconstruire après leur départ.
    Ils sont l’une des causes du naufrage, parmi d’autres, dont l’égalitarisme prôné par la pensée dominante dune démagogie à vomir.

  13. Clausse

    C’est dans le même esprit que je suis contre la décentralisation. Seul un concours national est gage de qualité.
    Les autres « concours » sont attribués par la féodalité locale et corrompue

  14. Pingback : Alain Juppé veut une agence de notation pour l’école | Paul Vannier

  15. Duchaufour

    Non, M. Juppé. Au vu de votre programme, vous n’êtes pas l’homme de la situation. Avec vous, on fait du sur place, aucune avancée. Il y a plus ambitieux à faire sans engager de dépenses supplémentaires. Décevant. MD